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De l'autre côté du miroir d'Alice

Articles avec #alice intime

Sortir de l’obésité... ou me sentir (enfin) normale

18 Juillet 2017, 10:16am

Publié par Alice

Sortir de l’obésité... ou me sentir (enfin) normale

J'ai franchi un cap psychologique : mon IMC m'indique que je suis en surpoids. Quelle étape... Bien plus symbolique qu'une formule mathématique sur le chemin de la normalité.

Un premier tour dans les magasins m'a confirmé que désormais inutile d'observer attentivement la forme du vêtement pour espérer entrer dans un L voire XL. Le 42 me va. Et bien.

Le 3 août, cela fera trois mois que j'ai entamé mon rééquilibrage alimentaire. Parce qu'il ne s'agit pas d'un simple régime, j'en suis à présent convaincue. Après avoir vraiment découvert les quantités qu'il me fallait et les proportions dont mon corps avait besoin pour s'alléger, il a fallu que je prenne conscience de ce qui n'allait pas, ou plutôt de dont j'avais besoin pour sortir satisfaite (et non frustrée) d'un repas-régime : J'aime avoir des choses différentes à manger (plat, fromage, dessert), avoir de la variété et de la quantité dans mon assiette. 

Je ne me sens pas frustrée puisque je mange absolument de tout, mais évidemment dans des quantités raisonnables. Je suis invitée, je bois un à deux verres de vin. Je fais honneur à l'entrée aussi bien qu'au dessert, même si je me méfie des tentations de l'apéro. Je régule.

M'alimenter n'est pas machinal, ni anodin. Je suis vigilante. Je m'observe encore et suis soulagée de constater que je ne suis pas une femme à fringales ou à envies compulsives. Je suis très gourmande, mon appétit peut se montrer redoutable et il faut que je leurre mes envies par des assiettes bien garnies. Les fruits et légumes ont la part belle. J'ai redécouvert les produits laitiers. Je mange bien plus sainement, bien plus varié.

Je voudrais acquérir des habitudes que j'espère définitives. Je me laisse le temps de maigrir pour atteindre la vraie normalité, celle que les chiffres de l'IMC m'indiqueront. Une année passée à en combattre 40 me semble plutôt réalisable.

Weight Watcher est à mon sens bien plus qu'un régime parce que cette appli qui m'aide à compter, c'est comme une main qui prend la mienne pour m'indiquer que j'ai beau scanner 3 fois le code barre de la pizza achetée à la va-vite par L'Epoux, c'est toujours 40 points la bestiole et qu'il m'en faut 30 par jour. 

Cette année, j'ai donné des dizaines de kilos de vêtements. Parce que j'ai bien l'intention de ne JAMAIS enfiler à nouveau ce jean en 46. Le chemin est long, mais je crois que me réconcilier avec moi-même est certainement le plus beau cadeau que je puisse m'offrir.

 

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Hantée

2 Février 2017, 14:43pm

Publié par Alice

Hantée

Je sais que le monde ne tourne pas rond. Je ne vis pas dans ma bulle, surtout quand je vois ces particules blanches restées collées aux vitres de l'Institut, qui pourraient laisser croire qu'il s'agit de la neige.

J'entends ce qu'il passe ici et ailleurs, ce qu'il arrive quand tu es noir, pauvre, femme, homosexuel,enfant, musulman, chrétien ou juif.

Je vois que certaines mamans à l'école n'ont plus toutes leurs dents, et que leurs enfants ont déjà gâté les leurs, les "petites" avant de voir les "vraies" rongées par la noirceur. Je vois ces chaussures éventrées. Je sens aussi. Alors je donne et appelle mon petit Blond au partage, à la tolérance, à l'amitié.

Pourtant parfois je défaille. Je me sens submersible.

Un enfant a perdu subitement sa Maman juste avant Noël. Il habite en face de ma rue. Je l'ai entendu hier pleurer dans un cri de douleur "Et mon Papa il s'occupe de nous tout seul; Je veux Maman."

Je ne suis pas armée. J'ai ce cri en tête, autant que j'ai celui de mes Blonds sortis de mon ventre. C'est très lourd dans mon coeur. Il y a des chagrins qui ne sont pas des évidences.

Je ne sais pas pourquoi je viens poser ces mots ici. Mais j'ai peut-être un peu dans l'espoir d'alléger un peu ce poids que l'humanité me fait porter parfois, me rendant impuissante et par la même aussi (un peu) responsable.

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Janvier, ou quand les résolutions trouvent leur forme

30 Janvier 2017, 20:54pm

Publié par Alice

Janvier, ou quand les résolutions trouvent leur forme

C'est après avoir passé le creux de la vague, sur la crête, que la perspective est la meilleure.

Janvier n'a pas été si facile, et je ne l'explique pas vraiment d'ailleurs. Des détails : des copies à en perdre tout temps libre, des stagiaires ultra demandeurs et des recadrages épuisants. Ce goût de l'enseignement qui disparaît par à-coups réguliers. Des Blonds toujours coincés entre deux humeurs (souvent négatives), le froid qui arrive en force et nous oblige à nous mobiliser davantage pour ceux qui dorment dehors. De nouvelles missions au boulot, bien éloignées de mes compétences, mais que l'on se doit d'endosser parce que c'est le prix à payer pour la survie de l'Institut. Une taille, des cuisses qui je crois se sont arrondies, un peu mais suffisamment pour que je me voie glisser vers l'inacceptable, le mien, celui de ma "norme". Et puis 42 ans en août et ces bébés si jolis que mes copines câlinent ostensiblement. Trump, la pluie polluée...

La perspective me semble aujourd'hui meilleure après ce bilan. Il y a des choses sur lesquelles je n'ai qu'un pouvoir relatif, d'autres qui ne dépendent que de ma volonté, une fois les fausses excuses mises de côté. Et puis il y a celles qu'il m'intéresse de travailler afin de m'améliorer à condition que je me fasse confiance et que je sois régulière.

J'ai débuté par de petits objectifs que je me suis fixés de manière hebdomadaire et/ ou quotidienne :

- définir des indicateurs sur chaque mail à traiter pour y répondre le soir venu.

- identifier une priorité pour la maison, à régler sur une semaine 

- expliciter plus clairement mes limites sans avoir peur (de ne plus être aimée, de briser, de faire crier, de faire pleurer, de les voir refusées) définir des objectifs communs en espérant obtenir un semblant de relations sereines.

- prendre du recul pour ne pas m'engouffrer dans les émotions ou dans des missions, actions chronophages.

- sortir, marcher, sentir le vent, les embruns. Ne pas m'éloigner de ce qui m'est essentiel.

 

Voilà, en janvier,même s'il y a eu une sacrée tempête qui s'est abattue sur ma ville, je ne suis pas prête à ployer et à me laisser déstabiliser durablement. Juste un peu, de quoi "rempoter" mes racines pour qu'elles s'ancrent plus fort encore dans le sol.

Ce lundi, il était question d'un petit bilan du mois de janvier. Les autres participations sont sur Facebook, chez tOrtue,  Nanicroche, Wondermomes, Labonoccaz, Ptisa, MHF

Et voici le menu de février !

6 le dimanche on fait quoi 
13 mon/mes amoureux 
20 mon téléphone et moi 
27 je fais quoi de mes dix doigts

 

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La transmission

25 Décembre 2016, 20:17pm

Publié par Alice

Les enfants grandissent, il y a des choses qu'ils comprennent, dont ils prennent conscience concernant notre manière de vivre, d'être. Ils commencent à comparer avec les copains, l'école, mesurent et évaluent les règles de vie d'ici ou d'ailleurs.

Et nous, nous grandissons avec eux, nous devons aussi réfléchir à ce qu'il nous semble important de transmettre, ce qui fait de nous des "modèles" qu'ils suivront ou pas, consciemment ou pas.

La période de Noel est vraiment propice à ces questionnements; et cette année le sapin a été moins lourd de cadeaux qu'ils auraient ouverts (trop) rapidement, de jouets avec lesquels ils n'auraient pas vraiment joué sans nous. Une part du budget du Père Noël est donc partie dans de vrais cadeaux : dons à des associations caritatives, jouets pour les enfants les plus démunis, petites attentions pour les migrants dont nous nous soucions...

Alors oui, les Blonds se sont demandé où étaient les "vrais", les "gros cadeaux, et ils étaient peut-être au coeur de l'authenticité de ce Noël-ci, en accord avec nos valeurs... et c'est ce que nous avons tenté de leur expliquer, à demi-mots, entre l'histoire du Père Noël et celle de ces enfants qui ne manquent de rien et qui ne prennent plus le temps de tout savourer.

La transmission

Pourtant s'il y a bien une personne qui a reçu des cadeaux plus que de raison, c'est bien moi... au-delà de la promesse d'une escapade prochaine, les Blonds ont été adorables lors de la messe de la Veillée de Noël, se tenant par la main, s'entraidant. C'était très émouvant.

Et puis, c'est cette semaine de l'avant Noël qui fut magique, ces balades écourtées par la nuit qui tombe trop vite, la famille, les cousins, les dîners entre amis, le réveillon et le jour de Noel avec les proches, ces délicieux repas...

Maintenant c'est l'heure des après-midis jeux de société, des heures de lecture (et de sieste) en perspective, de la famille que l'on n'a pas encore vue, et puis de l'autre Réveillon à réfléchir !

La transmission
La transmission
La transmission
La transmission
La transmission

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A la frontière

23 Mai 2016, 21:24pm

Publié par Alice

A la frontière

A la frontière de notre pays et de ma ville en particulier, il y a l'Angleterre, la quête absolue, la destination finale après un long, très long et excessivement périlleux périple pour nombre d'entre eux.

Eux, ce sont les sans-papiers. Ceux qui, au prix de mains déchirées par les barbelés, de jambes cassées, "au mieux", tentent de franchir les hautes grilles protégeant l'accès au ferry.

Eux, ce sont ceux qui, à Calais, à Dieppe ou ailleurs perdent parfois leur vie pour les franchir, ces frontières de notre pays.

A la frontière de notre légalité, il y a un problème de papiers. La liberté est relative, d'où que l'on vienne, qui que nous soyons. Certains fuient un pays en guerre, des tortures, espèrent se protéger pour ensuite mieux protéger ceux qu'ils aiment, à moins qu'ils espèrent tout simplement, et le prix à payer pour cette espérance, c'est l'illégalité, la prison, les conneries auxquelles l'exclusion les pousse, parfois. Il y a aussi et surtout le bannissement de notre société (celle des humains) et le regard débordant haine que certains leur jettent.

A la frontière de notre humanité, il y a ces conditions inhumaines dans lesquelles on les laisse survivre. Des températures polaires, une pluie battante, une hygiène d'une précarité dégradante, les laisser crever de faim. Rien. Voila ce qu'il peut rester de notre humanité. Au nom de quelle inhumanité, au nom de quelles peurs peut-on avoir abandonné lâchement tout sentiment de philanthropie? Eux n'ont pas besoin de porter l'étoile jaune pour être exclus, pour ressentir la haine qu'on leur porte, la peur et la menace qu'ils représentent... non, il suffit d'entendre leur langue différente, de voir la couleur de leur peau, plus foncée, peut-être, à moins qu'il ne s'agisse de ces fameux papiers qu'ils n'ont pas.

A la frontière de notre solidarité, il y a ces gens que je côtoie à présent, comme une famille humaine, qui, même si l'altruisme n'existe sûrement pas, ressentent suffisamment d'empathie pour voir en ces jeunes leurs propres enfants, leurs frères, qui, s'ils ne sont pas de sang, sont leurs frères humains.

Des jeunes oui, pour la plupart, à notre frontière, qui ne sont pas menacés de mort chez eux, mais rêvent simplement à un avenir : sortir d'un pays corrompu pour espérer travailler décemment, aider leurs parents à survivre certainement plus qu'à vivre. Est-ce mal? Il serait espagnol, américain ou antillais, on le trouverait courageux. Il est albanais, kurde, il devient gênant, sa misère et ses ambitions de vie meilleure nuiraient à notre vie en société, à notre bonheur. 400 000 personnes, qui, vous ne pensez pas, rêveraient de vivre en paix, dans notre normalité, chez elles, près de ceux qu'elles aiment : amis, parents, femmes et enfants ? si seulement si...

A la frontière de ma sensibilité, il y a moi, qui garde certaines nuits les yeux ouverts, bien au chaud sous ma couette, quand j'entends la pluie s'abattre sous mes velux, pour les imaginer dans leur campement de fortune, trempés, sans rechange, sans abri sec et chaud.

Il y a L'Epoux et moi, qui passons des heures derrière les fourneaux, apportant un peu de notre confort, en préparant un repas qui nous ferait tous saliver, il y a ces gâteaux préparés, ces bougies soufflées pour célébrer un anniversaire, ensemble.

Il y a cette humanité que j'aimerais réhabiliter, ces préjugés que je rêve de casser (au moins un peu), cette individualité que je tente de porter quand je m'adresse à chacun d'eux, en transmettant et partageant ma/nos cultures,

Il y a ces regards, ces "merci", cette oreille que je tente de leur prêter, vraiment, écoutant des récits de vie, de ces "enfants" trop vite grandis, pour lesquels j'ai envie de porter toute l'humanité de ceux qui ont oublié qui nous sommes et d'où nous venons, tous.

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Les secrets du couple qui dure

7 Mars 2016, 22:17pm

Publié par Alice

Les secrets du couple qui dure

Débuter une histoire d'amour, ce n'est certainement pas le plus compliqué. On s'aime, tout est parfait, on idéalise, complètement anesthésiés par les papillons dans le ventre, l'appétit coupé, les courtes nuits et les réveils enlacés.

Sauf que dans la vraie vie, pas évident que cet effet complètement grisant dure, mais surtout, viennent d'autres facteurs qui brouillent un peu la vision idyllique : l'emménagement à deux, les tâches ménagères, les loisirs et copains, la gestion du budget devenu commun, la routine... et les enfants.

Il n'y a malheureusement pas de formule magique pour que ça dure.. encore moins pour que ça dure toujours. Et j'ai vraiment aimé cet article documenté, ilustré, du Huffington post de Samuel Dock, psychologue clinicien et écrivain qui liste 10 conditions qui feront de votre histoire une love story for ever.

Alors, prêts pour le test?

 

Première condition: La facilité au dialogue, "se raconter pour se rencontrer vraiment", dire pour se connaître, parler pour permettre à l'autre de nous connaître.

 

Seconde condition : Etre capable de régresser et d'être léger, enfantins à deux.

 

Troisième condition : Se "reconnaître" au début de l'histoire, se trouver d'inévitables points communs qui formeront ensuite le ciment de la complicité.

 

Quatrième condition: Le couple partage l'humour, le rire comme autant de remparts contre les souffrances et les inhibitions.

 

Cinquième condition: Une sexualité épanouie, la proximité avec la peau, le corps de l'autre. L'abandon lié à l'amour physique et au plaisir : "s'offrir".

 

Sixième condition: La famille. Supporter celle de l'autre et réciproquement, la connaître pour percevoir les affects en jeu : "On ne reproduit pas ce qui est pensé, compris, parlé."

 

Septième condition : Aimer les défauts de l'autre que l'on ne supportait pourtant pas au début de la relation (et non pas l'inverse comme c'est souvent le cas). Sortir de l'idéalisation pour accepter l'autre avec ses différences pour mieux construire à deux.

 

Huitième condition : Avoir besoin de l'autre, éprouver le manque mais de manière mesurée. Même loin de l'autre, se sentir porté et aimé. "Cultiver le manque est synonyme de cultiver le désir" (Lacan).

 

Neuvième condition :  Se disputer sans gravité. Dépasser le narcissisme de chacun pour se retrouver y compris dans les différences et les incompréhensions.

 

Dixième condition : Pas de faux semblants. Ce n'est pas une preuve d'amour de l'autre que d'avoir une maison en commun, des enfants, ou même une entreprise .

 

En conclusion, "la condition pour toute relation amoureuse est d'abord de se sentir bien avec soi-même, de pouvoir cohabiter avec son inconscient et de surmonter les blessures de son histoire personnelle".

Cet article me semble d'une justesse rare et donne envie de relire les classiques de la psychologie, psychiatrie et psychanalyse. Il (ré)interroge, pose des bases intéressantes pour tenter de vivre heureux, et apaisé avec celui avec lequel on décide de bâtir sa vie.

 Alors, vous en pensez quoi?

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Est-ce que consulter c'est dramatiser?

4 Février 2016, 17:46pm

Publié par Alice

Est-ce que consulter c'est dramatiser?

Consulter un psy, se faire aider à un moment de la vie, moment qui peut durer plus ou moins longtemps, ne me pose pas de soucis. Contrairement à beaucoup de jeunes à qui je soumets l'idée de rencontrer un psychologue, je n'associe pas la folie ou la maladie à la nécessité de consulter. La démarche n'a rien de stigmatisante ni permanente mais vient davantage répondre à un mal-être, un inconfort moral que l'on ne parvient pas à gérer, résoudre seul.

L'impression d'être démunie face aux colères/pétages de plomb des enfants pose question, l'incapacité aussi à (di)gérer certains événements, le "travail" permanent que l'on doit effectuer pour transformer des pensées qui tournent en boucle, des émotions négatives ou des peurs, angoisses que l'on ressasse.

Alors, consulter? ou pas?

Qui?

Et pourquoi tenter de prendre du recul ne suffirait pas? Et les vertus de la parole et du dialogue, de l'amitié et des écoutes attentives et bienveillantes? Et s'il suffisait de mettre en pratique son esprit d'analyse ou même son lâcher-prise (le "c'est comme ça, et alors?") puisque rien ne dure, puisque finalement le temps transformera la perception de ce que l'on croit/estime/pense difficile à gérer et accepter?

Faut-il payer pour se sentir soulagé? Faut-il le regard et l'écoute d'un initié, d'un professionnel? A partir de quand faut-il consulter? Y-a-t-il une garantie de résultat? est-ce facile de se raconter à un inconnu avec lequel le courant peut spontanément passer - ou pas? Qu'attendre de lui? Trouver des clés en nous pour sortir d'une impasse psychologique? mais après tout, peut-on rester coincé des années dans cette voie sans issue que l'on sait, malgré tout, temporaire?

Et si le simple fait de prendre conscience du point de douleur et des conséquences qu'il engendre, suffisait à le dépasser?

C'est tabou? Vous avez déjà consulté, vous? 

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S'aimer à deux ... quand on est quatre

27 Janvier 2016, 09:13am

Publié par Alice

S'aimer à deux ... quand on est quatre

Je me souviens, un jour, d'avoir lu une interview qui avait fait scandale, celle d'Ayelet Waldman, romancière américaine, mariée et mère de quatre enfants. La confession qui avait fait frémir l'Amérique allait à contre courant de la pensée traditionnellement admise, confession qu'elle avait elle-même faite lors d'un groupe de discussions de mères :

"Si je devais perdre un enfant, je serais anéantie mais je peux entrevoir un après. Parce qu'il me resterait mon mari. Je suis en revanche incapable de me représenter l'existence après sa mort à lui.'"

Pour justifier son propos, elle explique : "J'adore ma fille, mais je ne suis pas amoureuse d'elle. Pas plus que je ne le suis de ses frères et soeurs. Oui, j'ai quatre enfants Quatre enfants avec lesquels je passe beaucoup de temps. Je leur donne le bain, je les coiffe, je les aide à faire leurs devoirs, je les console quand ils ont du chagrin. Mais je ne suis amoureuse d'aucun d'entre eux. Je suis amoureuse de mon mari. Seul son visage m'inspire de la passion. Si être une bonne mère implique d'aimer son enfant plus que tout au monde, alors je n'en suis pas une. Je suis une mauvaise mère. J'aime mon mari plus que mes enfants."

 

Books, Numéro spécial "Tout sur la mère" juillet/août 2011

 

Aujourd'hui les enfants ont grandi, et 10 ans après notre troisième premier baiser, je crois comprendre ce qui m'avait interpellée dans cet article que j'ai conservé tant il raisonnait de manière profonde en moi.

2016 nous guide vers un nouvel amour, plus fort, plus inconditionnel, mais aussi paradoxalement plus libre malgré le crédit maison, les deux enfants, la peau moins tendue et la quarantaine débutante. Un virage a été pris.

Nous avons pris la résolution de nous aimer mieux, et plus. De retrouver ce qui nous unit depuis tant d'années et qui nous a attirés l'un vers l'autre il y a 30 ans déjà, une première fois. Nous avons mis et retrouvé des mots, des gestes, des habitudes, dans un même élan, une même nécessité, un même besoin. 

Il ya des caps à passer pour grandir à deux, harmonieusement. Comme si, à un moment, on se choisissait à nouveau, pour ce que nous sommes vraiment, sans fards, et sans artifices, dans la connaissance la plus intime de l'Autre.

On ne forme pas une famille unie sans couple solide et consciemment amoureux.

L'avenir nous appartient, désormais. Et c'est grisant.

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L'illusion de l'indépendance

16 Décembre 2015, 06:29am

Publié par Alice

L'illusion de l'indépendance

Cela fait longtemps que j'ai cessé de croire que je suis libre. A partir du moment où tu deviens amoureuse, déjà, c'est foutu. Ajoute à cela un Blond, puis deux, un crédit maison... et là la notion de liberté, ou même d'indépendance devient toute relative.

Alors, j'ai vite pris conscience que j'avais quand même du pouvoir sur certaines choses qui pouvaient entraver ce sentiment de toute liberté (il me semble que ce n'est pas la première fois que j'exprime ici notamment, l'impression d'étouffer, ponctuellement, dans mon quotidien).

Il y a bientôt 10 ans, en retrouvant l'Epoux et en tombant amoureuse, à nouveau, de lui, j'ai cessé de fumer. Adieu mon paquet quotidien. Gérer le sentiment démesuré qui me submergeait et la nécessité de la cigarette, c'était trop. (Etrange lien de causalité que je n'explique pas).

J'ai aussi cessé de manger sucré au quotidien : tout ce qui contient du sucre ajouté (biscuits, gâteaux, yaourts, chocolat...) a disparu de mon alimentation. Il y a des exceptions mais elles se font rares. J'ai perdu plus de 10 kilos.

Aujourd'hui je poursuis mon cheminement en lâchant ce que je sais ne pas me faire de bien : le pain a considérablement disparu de mes repas. Je régule mon appétit et il n'est pas rare que je ne dîne pas si mon déjeuner a été copieux.

Je m'écoute davantage et cela semble me réussir.

Mais...

Mais...

Y a t il une route parfaite? Alors que je traversais une zone de turbulences assez forte, j'ai ressenti à nouveau une envie irrépressible de nicotine. A ne penser qu'à ça : à l'apéro avec les copains, dans les embouteillages parisiens à me demander si j'allais ouvrir ma fenêtre pour réclamer une cigarette... J'ai résisté. L'Epoux a joué le jeu "de la soufflette" ou plutôt du "double filtre" comme lorsque nous avions 15 ans. J'ai encore résisté en ne mettant jamais une cigarette entre mes lèvres... mais j'ai lâché. Un peu. J'ai vapoté du menthol. Pas beaucoup mais je savoure cette sensation d'apaisement due à l'apport de nicotine.

Je vais m'en détacher à nouveau, je le sais, mais que le chemin vers l'indépendance est long et si peu linéaire !

 

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La confidence

9 Décembre 2015, 06:46am

Publié par Alice

La confidence

Même si on peut se sentir entourée d'amies, de la famille... choisir le destinataire de ses confidences n'est pas si aisé.

Finalement,c'est l'intelligence de l'écoute, la pertinence des mots reçus en retour, l'énergie du soutien qui m'aideront bien plus à me confier en toute sérénité. En fonction des événements qui traversent ma vie, mes interlocuteurs ne seront pas les mêmes : certains m'aideront à me comprendre, d'autres à le(s) comprendre...

Au quotidien j'ai besoin de me confier, déjà pour ne pas garder en moi un sentiment ou un fait douloureux, mais aussi parce que le mettre en mots, c'est le mettre à distance, le regarder "de loin" pour l'accepter et avancer avec.

Aujourd'hui, il m'est arrivé un événement inouï et très perturbant. La consigne de départ, était de faire écrire mes stagiaires une argumentation sans concession (le "oui" sans le "mais") sur des sujets de culture générale, et un récit personnel, basé sur l'émotion (quel événement vécu vous a rendu différent par rapport à votre projet professionnel : une blessure qui vous a empêché de devenir sportif professionnel, une agression qui vous a donné envie de devenir policier...).

L'exercice a été réalisé avec une grande motivation et un rare plaisir. Sauf que... les confidences très intimes ont provoqué une vague d'émotions, de départs précipités de cours pour s'effondrer dans les couloirs... Bien sûr je me suis montrée présente pour chacun d'entre eux, j'ai écouté, guidé, orienté vers des professionnels si le besoin s'en faisait ressentir. J'ai gardé ma neutralité, ma distance mais rassuré quant à mon écoute et à ma présence ; mais je m'interroge sur ce moment d'une rare intensité. Pourquoi m'avoir choisie, moi, comme dépositaire de secrets jamais avoués, de confidences existentielles?

Au-delà de l'empathie, de la compassion, je me suis sentie vraiment touchée par le don de ces confidences, reçues comme des preuves de confiance que je n'attendais pas et surtout n'avais pas envie de provoquer, pas comme ça, pas ici, pas forcément avec eux. 

Je réalise également que ces situations, même si celle-ci par son caractère "en rafale" est une première , font partie de ma relation aux autres. Il n'est pas rare que l'on se confie vite à moi, et ces confidences m'aident aussi à avancer, réfléchir, recevoir, accueillir les paroles et m'ont beaucoup aidée à ne pas juger, à me montrer plus généreuse dans ma façon d'appréhender l'autre et ses différences, ses égarements...

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