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De l'autre côté du miroir d'Alice

Celui qu'il est, là-bas

28 Avril 2016, 06:03am

Publié par Alice

Celui qu'il est, là-bas

Qui n'a jamais rêvé d'être aussi grand qu'une petite souris pour voir son enfant à l'école, l'observer avec ses copains, sa maîtresse, assister, en spectateur bienveillant à ce qui nous échappe ordinairement. Evidemment, moi aussi j'ai rêvé de les regarder, ces jours de rentrée, au milieu de tous ces petits, mais je n'aurais sans doute pas géré l'émotion de le voir un peu seul, beaucoup en retrait, apeuré.

Le concept de la "défusion" a été très très long à intégrer pour Ernest, alors autant vous dire que je préférais ne pas le voir pleurer une heure, voire deux, assis sur un banc, à refuser un simple verre d'eau, quand il allait à la garderie la première année de maternelle. (Aujourd'hui il y va avec plaisir mais nous ne prononçons plus le mot "garderie" puisqu'il goûte et joue avec ses copains mais n'y va pas, bien sûr que non !)

Ce que j'aime le plus, ce sont ces surprises que nous réservent nos enfants, quand ils commencent à vivre des choses en-dehors de la sphère familiale, quand ils deviennent des enfants plus autonomes, quand leur identité se construit, au-delà de nos apprentissages. Quand Ernest rentre de l'école, lui qui ne raconte jamais, mais alors jamais rien, et qui nous parle un soir, à table, d'Andy Warhol, Picasso et Marylin Monroe.

J'aime observer cette attirance pour les jeux qui se transforme en passion pour les échecs et incite mon grand à participer à deux tournois, samedi et dimanche, oubliant tout : le temps qui passe, les autres loisirs et projets et invitations...

Que c'est bon de les voir connaître d'autres engouements, développer des attirances, devenir des petits garçons en dehors de nos propres personnalités, de nos passions, de nos envies et désirs.

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Plus bleu que le bleu de leurs yeux

25 Avril 2016, 05:00am

Publié par Alice

Plus bleu que le bleu de leurs yeux

Bien sûr qu'en tant que normande, quand on me demande une couleur, je pense au vert des pâturages, mais je suis avant tout une citadine du bord de mer, et je n'ai plutôt tendance qu'à voir le bleu : celui de nos yeux (nous sommes dans deux familles d'yeux bleus), celui de la mer, surtout quand il y a du soleil, oui, parce qu'ici, en Normandie, il fait plusieurs fois beau par jour. La chance, non?!

Donc oui, sans formule de politesse, nous parlons du temps car c'est lui qui décide de nos activités, de nos programmes des week-ends, des vacances et des sorties d'école. Il nous réserve sans cesse des bonnes comme des mauvaises surprises et même le baromètre n'est pas toujours fiable face aux caprices du temps normand. Je pense que la proximité du bord de mer et des marées y est pour beaucoup, et il n'est pas rare que la mer remonte pour voir l'éclaircie arriver. C'est ainsi, basse ou haute, la Manche explique et justifie les nuages comme les rayons de soleil ; le normand n'est jamais résigné !

Plus bleu que le bleu de leurs yeux

Et toi, alors, si je te dis "couleur", tu penses à quoi?

Ont joué le jeu en bleu, violet, rose et gris, des couleurs vives, le rouge et l'arc-en-ciel,  : AnneLaureT, Wondermômes, Labonoccaz, tOrtue, MHF, Mamysoren, Ptisa, DanyCab, Pilisi

Voici les thèmes du mois de mai :

Voici les thèmes pour le joli mois de Mai
Le 2, ce qui restera apres moi
Le 9, recette sans lait, sans œuf, sans gluten, sans quoi...
Le 16, Ma fenêtre sur...
Le 23, Au secours ou pas, je suis comme ma mere parce que...

La semaine dernière, pour la 100ième de nos Lundis à deux, nous étions seules sur le sable.

Et on se retrouve sur le groupe FB si vous voulez connaître les participations de la journée :

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Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?

24 Avril 2016, 07:56am

Publié par Alice

Tous les ans je me laisse surprendre par l'effet "Après vacances de Pâques" : dès qu'elles sont passées, c'est la dernière ligne droite vers la fin de l'année, et puis il fait plus doux, il fait jour plus tard, on a envie de traîner après l'école, de prendre l'air, de profiter.

La plage est notre destination. Ou plutôt l'air de jeux avec skate park.

 

Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?

Les jours plus froids ou de pluie, on lit, on se câline. Il y a de la fatigue dans l'air cette semaine... l'effet reprise de l'école?

Je lis Les cahiers d'Esther ou la mystérieuse préadolescence... une série de planches uniques pour croquer les 10 ans d'Esther qui n'a pas d'Iphone6, et qui est la seule à ne en avoir à son plus grand regret et pour sa plus grande obsession.

Le regard porté sur les adultes ne manque pas de piquant (et de vérité). C'est drôle, tendre et inquiétant.

Je me dis que décidément, je suis soulagée de ne pas avoir de fille, et que beaucoup de références m'échappent car décidément, je n'ai plus 10 ans !

Toutefois, c'est un cadeau sympa pour une préado.

Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?

Que j'aime quand le planning de L'Epoux lui permet de finir les journées avec nous...

Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?

Etrangement, la fin de semaine s'est chargée. Je suis allée cuisiner des bolognaises par kilos pour une association d'aide aux migrants.

Chaque jour je reçois des livres et cela fait un bail que ma pile à lire n'a pas été aussi haute. Je viens d'apprendre que je suis sélectionnée par Babelio au Prix Relay des voyageurs pour recevoir et critiquer quatre romans.

Nous assistons à un spectacle de cirque, et mon Ernest découche pour dormir chez son super pote, son "jumeau", une première !

Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?

C'est décidé, aujourd'hui, dimanche, je ne fais RIEN (ou si je bosse mais je ne quitte pas la maison).

Hier, samedi, nous nous sommes peu posés. Tant et si bien qu'Ernest s'est endormi en voiture à 18h15 et ne s'est réveillé qu'à 7h30 ce matin. Il va peut-être falloir ralentir le rythme la semaine prochaine...

Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?
Et si on vivait dehors, un bouquin à la main?

Bon dimanche à tous !

On se retrouve demain autour d'une couleur.

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Retenir le temps, et le bonheur aussi

21 Avril 2016, 20:36pm

Publié par Alice

Retenir le temps, et le bonheur aussi

Lundi prochain j'accueillerai un nouveau groupe en formation, des adultes. Quel plaisir de redécouvrir de nouvelles personnes, et qui se lancent dans de nouveaux projets de vie ! Leur motivation agit comme un moteur, alors que je n'ai plus l'énergie (ou l'envie) de porter la totalité de mes stagiaires actuels.

Demain je cuisinerai pour 90 personnes, vous savez, celles-là qui ont tout quitté pour un avenir meilleur, celles qui arrivent ici (pour repartir, souhaitant traverser la Manche) mais qu'on ne peut accueillir dignement parce que décidément, non "on ne peut accueillir toute la misère du monde". Que ça me plait de me sentir là, présente, utile, dans la vi(ll)e.

40 ans et 3/4. Quel virage cette année. Définitivement oui, "la crise de la quarantaine" tout ça, oui, peut être, mais je me sens paradoxalement plus libre et sereine que jamais. Les Blonds ont acquis une certaine autonomie, on a retrouvé une place pour nous deux au sein de notre "nous quatre". 40 ans c'est bien. C'est mieux.

Demain soir, cela fera 10 ans que j'ai retrouvé mon premier amour, et celui de toujours. L'Epoux. C'est émouvant, c'est rien et c'est tout 10 ans. Et l'infini des possibles qui nous attend pour les dizaines d'années à venir...

Le temps, l'argent... je dépasse actuellement ma phobie administrative pour (re)renégocier le prêt immobilier. C'est assez fou de jongler avec les années, que ces 25 ans deviennent 20, puis 16 et pourquoi pas 15. Le poids que je sens sur nos épaules s'allège et c'est bon.

Le printemps, les bermudas, les premières copies corrigées dehors, les sorties d'école qui se prolongent sur le bord de mer. Le temps semble suspendu dans une période de félicité presque béate. 

Pourvu que ça dure. Et on fera en sorte que ça se prolonge, croyez-moi.

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Oyez citoyen(ne)s !

20 Avril 2016, 05:56am

Publié par Alice

Oyez citoyen(ne)s !

Il n'aura échappé à personne que c'est un peu la mouise dans notre pays. Sans faire de politique, j'avoue ne pas être vraiment sereine quand je pense à la France (et au monde) que je laisserai en héritage à mes enfants et aux enfants de leurs enfants.

Pourquoi "je" et pas "nous"?

Parce que, si nous sommes tous conscients que ça ne va pas, je me sens responsable de chacun de mes gestes ou plutôt davantage non-gestes d'ailleurs, que je mets en oeuvre pour être une citoyenne éclairée voire éclairante.

Ce sont des questions qui nous mobilisent, L'Epoux et moi, et nous nous (re)trouvons vraiment dans cette humanité. Au-delà de ce témoignage personnel, j'ai d'ailleurs plus le sentiment que ce frémissement (qui pour certains s'apparente à une révolution) est commun à toute une génération, je pense notamment aux excellents films documentaires Demain ! ou Merci Patron! que l'on doit absolument voir et revoir.

Et après? les idées, la réflexion, c'est bien et nécessaire, le dialogue n'en parlons pas, mais concrètement, comment pouvons-nous agir?

Au-delà de la consommation locale et bio (je pense à planter quelques fruits et légumes dans notre jardin), nous avions envie de nous inscrire dans une vraie démarche citoyenne et humaine. La politique n'étant pas pour moi, j'ai ouvert les yeux, les oreilles sur ce qui se passe à la porte de la maison, dans ma ville.

Autant vous dire que le choix est vaste : environnement, éducation, immigration... on a l'embarras du choix pour se mobiliser ! Avec L'Epoux, nous avons mené cette démarche ensemble et j'aime énormément cette nouvelle dimension que nous offrons à l'estime que nous nous portons.  En dépit des réactions de nos proches qui ne comprennent pas nos motivations ou tout simplement ne partagent pas du tout nos engagements, nous nous sentons désormais pleinement citoyens. Car si jusqu'alors nous nous pensions humanistes, aujourd'hui nous le sommes et nous sommes aussi humains ; je découvre la haine, l'intolérance qui nous divise nous, citoyens, à propos des migrants notamment et des conditions dans lesquels ils vivent.

Il y a aussi ces questions d'environnement : habiter près de deux centrales nucléaires, vivre dans une station balnéaire aux plages remplies de déchets (sûrement davantage charriés par les marées que laissés par les estivants)... j'emmène à la fin du mois les Blonds, équipés de gants, participer au nettoyage des galets et à des ateliers sur les gestes éco-citoyens...

Notre participation "au monde" n'est qu'une goutte d'eau dans ce vaste océan de manches à retrousser pour nous rendre, nous humains, plus dignes, mais je vous assure que je me sens mieux dans ma vie, dans ma ville, dans ma planète depuis que je suis engagée manuellement.

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Seule sur le sable...

18 Avril 2016, 19:31pm

Publié par Alice

Seule sur le sable...

Non non, je n'emmènerai pas un chameau.

Mais si je devais emmener un être vivant, je serais vraiment bien incapable de choisir entre mes deux Blonds, alors je crois que j'emporterais L'Epoux. On se connait assez bien pour que je sois certaine que, malgré nos différences, on s'entendrait parfaitement. En plus, on pourrait imaginer qu'à la fin on devienne 3 ou 4 sur cette île déserte. Et puis, les deux Blonds, nous rejoindraient quand ils seraient plus grands. Octave veut devenir poissonnier et pêcheur ; avec un peu de chance, une pêche au thon le conduirait au large de notre île.

Si je devais prendre un objet, ce serait un cahier et glissé dedans, un crayon à papier avec une gomme. J'écrirais, j'aurais le temps de rédiger un roman peut-être, ou encore d'apprendre à dessiner?

Ou alors un livre,  un livre que j'ai détesté et qui m'a plombé un partiel à la fac : A rebours de Huysmans. Le livre que j'ai été incapable de lire malgré un examen final portant dessus (j'ai même cru à l'oral de rattrapage que le passage sur lequel on m'interrogeait faisait référence à une peinture, alors qu'il s'agissait d'un livre), je ne me suis jamais sentie aussi humiliée par un prof (à vrai dire, il est fort probable que ce monsieur ait cherché à m'humilier). Mais cet ouvrage doit déjà être parti à la poubelle depuis des lustres... Je dénicherai alors dans la bibliothèque familale  le manuel des Castors Juniors que l'on dévorait avec mon frère. J'y puiserai sans doute plus de bonnes idées que dans ce satané Huysmans.

A dire vrai, je ne suis pas certaine de survivre quelques jours sans ceux que j'aime, sans un vrai lit et je n'ai rien d'une aventurière.

Je regarde vraiment consternée l'adoré Koh Lantah des enfants ou encore The Island, me demandant comment on peut aimer se faire du mal comme ça, et en plus devant d'autres personnes, inconnues, sans compter les millions de téléspectateurs.

A part la perte de poids efficace, je ne vois pas ce qui pourrait m'y conduire !

Pourtant les participantes de ce lundi ont joué le jeu et se sont creusé les méninges pour chercher l'objet qu'elles emmèneraient : Arlette, Anuyka, Pilisi, Wondermomes, Danycab, Ptisa, MHF, tOrtue

 

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Les vraies vacances

17 Avril 2016, 07:16am

Publié par Alice

C'est quoi?

C'est quand tu ne te soucies plus du temps qui passe, et des choses que tu devrais faire à heure fixe (te réveiller, manger, récupérer les enfants, travailler...).

C'est quand tu ne te préoccupes de personne et de rien, sauf de tes envies.

Bon, ces vacances-ci ne sont pas encore pour nous parce deux Blonds ça mange, beaucoup et bien, ça râle, ça se dispute, ça a des envies (qui ne sont pas du tout les nôtres). Bref, nous sommes parents.

Mais, alors c'est quoi "les vraies vacances" avec deux Blonds et un Epoux?

C'est partir une centaine de kilomètres plus bas, et découvrir l'autre Normandie, qui est pourtant la nôtre aussi depuis la "réunification". Louer un appartement, et faire comme si c'était chez nous aussi là-bas, manger un sandwich les pieds dans le sable, découvrir notre nouvel environnement.

Et puis c'est aussi s'échapper à deux et faire découvrir sa passion à l'Autre, s'offrir une escapade parisienne, manger japonais dans un sushi bar, rire comme des fous et repartir pour retrouver nos Blonds.

Rentrer et avoir des kilos de linge à gérer, des dizaines de copies à corriger, mais aussi deux rendez-vous pour parler livres, en emprunter sans modération.

Et puis la nouvelle copine des Blonds qui dort à la maison, une jolie petite à tresse qui adoucit les conflits mais use aussi ses semelles au skate-park. Et ce soleil, qui semble vouloir nous accompagner pour ce dernier jour de vacances aux heures de sommeil manquantes.

C'était en Bas
C'était en Bas
C'était en Bas

C'était en Bas

Le retour et le tri des souvenirs

Le retour et le tri des souvenirs

Paris, la Belle
Paris, la Belle
Paris, la Belle

Paris, la Belle

On récupère nos Blonds et retrouvons nos repères dans notre ville
On récupère nos Blonds et retrouvons nos repères dans notre ville
On récupère nos Blonds et retrouvons nos repères dans notre ville

On récupère nos Blonds et retrouvons nos repères dans notre ville

Je vous souhaite à tous un heureux dimanche, d'autres participations ici et puis demain lundi, nous serons seul(e)s sur le sable pour réfléchir à l'objet que l'on emmènerait sur une île déserte.

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Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

16 Avril 2016, 07:54am

Publié par Alice

Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant
Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

Grâce à Babelio, ce site génial de partage de lectures et de lecteurs, j'ai reçu un exemplaire de Condor, de Caryl FEREY, en vue de préparer la rencontre prévue au sein des Editions Gallimard le mercredi 13 dernier.

Impossible pour moi de ne pas tenter de participer: j'ai aimé tout ce que j'ai lu de Caryl Férey (Utu, Zulu, Mapuche...), je suis fan de ses héros cassés, de ses histoires qui ne s’embarrassent pas d'une Happy End, des ancrages politiques et historiques qui permettent aux personnages d'évoluer au Chili, en Argentine ou encore en Afrique du Sud. J'ai découvert les desaparecidos, réappris l'humanité d'Allende, pris la mesure de l'apartheid et la violence, la corruption...

Les romans de Caryl Férey peuvent choquer, bouleverser, certaines scènes sont très violentes, elles remuent. On lit d'une traite, sans respirer. On n'ose quelquefois pas terminer un paragraphe, mais l'amour agit toujours comme une "goulée" nécessaire d'oxygène dans ces pays rongés par la violence, la drogue, l'argent.

Condor, ce dernier roman, prend place au Chili. Gabriela est une jeune étudiante vidéaste qui filme tout, sans cesse, grâce à un système ingénieux lui permettant de capturer les images depuis son sac à main. Ses vidéos témoignent de l'injustice sociale de son pays : dénonçant, par exemple, le coût exorbitant et prohibitif des études lors d'une manifestation lorsque le roman s'ouvre.

L'histoire débute vraiment quand le fils d'un de ses amis est retrouvé mort dans les bidonvilles de Santiago. Il porte des traces de poudre blanche sous le nez, lui qui n'est pas toxico. Gabriela, consciente que sa simple voix de citoyenne ne suffira pour éclaircir le mystère de cette mort, se rend chez un avocat, spécialiste des causes perdues. Esteban, personnage exubérant, farfelu et complètement cassé et désillusionné, est le fils d'une famille fortunée, en lutte contre son éducation et contre les valeurs transmises.

La scène inaugurale placée, les protagonistes sont à présent libres d'évoluer, ils ont tous une valeur, qu'elle soit positive ou négative : la police corrompue, Edward, l'associé d'Esteban, dont les parents ont été torturés par la DINA, police secrète de Pinochet, Gabriela et la communauté Mapuche considérée comme terroriste, le mysticisme représenté par sa tante machi, les gamins des bidonvilles, livrés à eux-mêmes, à la drogue comme à la violence, Stephano militant et opposant à Pinochet, en fuite durant des années...

Ce roman est très dense, excessivement documenté et réaliste, Caryl Férey d'ailleurs, lors de la rencontre, nous a précisé que tout ce qu'il avait écrit était vrai (les quartiers, la police, les figures opolitiques...), les noms ont été modifiés quelquefois, mais l'ancrage dans le réel n'est pas fictif malgré le caractère romancé de l'ouvrage. Il y a un message politique dont il ne se cache pas : le seul espoir du Chili, c'est la jeunesse, à qui il a souhaité donner la parole, tout autant qu'aux opprimés, aux autochtones qui ne trouvent plus leur place dans leur propre pays

Caryl Férey est un auteur drôle et pétulant. Le personnage d'Esteban d'ailleurs n'est pas sans rappeler l'auteur : celui-ci écrit aussi, (un passage de son poème est inséré dans le roman), comme une mise en abyme du récit (partie qui m'a d'ailleurs le moins convaincue)

4 ans d'enquête, de voyages et de rencontres ont permis à cette petite semaine (tel est le temps du récit) de faire naitre des personnages, comme autant de figures de lutte et de résistance contre l'oppression, la dictature, qu'elle soit financière ou politique.

 

Donc?

J'ai adoré cette rencontre au sein des Editions Gallimard, ces cadres aux photos d'auteurs édités dont j'admire l'écriture ou que j'apprécie toujours de lire. Je me suis sentie soulagée par le caractère décontracté de la rencontre, des échanges avec l'auteur très accessible. Je garde comme un trésor cette drôle de dédicace.

En revanche, et pour tout vous avouer, Condor n'est pas le roman de Caryl Férey que je préfère. Il y a quelques longueurs, la digression "poétique" d'Esteban ne m'a pas convaincue. Et puis, il y a un cycle asez négatif où, finalement, la chute de l'histoire ressemble au début, les personnages ayant "juste" perdu leurs idéaux et leurs rêves. Là où l'auteur y voit un message d'espoir (en avant la jeunesse !), j'y vois beaucoup de pessimisme...

Son prochain roman évoquera le monde marin, les migrants, en passant de la Bretagne par la Grèce. Une parution que je vais guetter avec impatience !

Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant
Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

D'autres idées de lecture pour ce WE, ici.

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Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

12 Avril 2016, 19:09pm

Publié par Alice

Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

Que l'on descende ou que l'on monte, le sable des plages environnantes nous semble bien exotique et magique, comparé à nos galets ronds et inconfortables. Alors, finalement, pas besoin d 'aller très loin pour prendre un bon bol d'air et avoir cette sensation d'être en vacances, loin de chez nous.

Sur les conseils éclairés d'AnneLaureT, nous avons choisi Villers-sur-mer, trouvé un appart à quelques mètres de la mer, et fait les valises pour trois jours et deux nuits. Située en face du Havre, il y a des kilomètres de plage à perte de vue. Et puis, à gauche de la station, les fameuses "Vaches noires", des rochers tombés du haut de la falaise : argile, craie qui retiennent des tonnes de fossiles.

Les balades sur la plage, au-delà de permettre les châteaux de sable, les parties de foot, raquettes, cerf-volants, offrent aussi, à marée basse, des chasses aux trésor géniales !

 

 

Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

Le plus Grand des Blonds escalade les rochers pour trouver des fossiles (ce qu'Ernest appelle les "sourcils") et lui, cherche les coquillages secs, petits ou grands, et non cassés, ses trésors, qu'il a prévu de distribuer à tous les copains de sa classe à la rentrée.

Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

Riches de dizaines de fossiles, nous avons poursuivi la découverte de Villers-sur-mer avec le Paléospace de L'Odysée. De taille très modeste, cet espace est vraiment hyper bien conçu pour les enfants curieux et attentifs, comme pour les plus jeunes et dissipés (hum hum).

Beaucoup d'activités ludiques, sensorielles, des mammouths grandeur nature, un petit livret conçu comme un jeu de piste... 

 

Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

En sortant du musée, un loueur de vélos, de bicycles, kartings à pédale, sulkys, rosalie en tous genres nous attendait, enfin attendait les Blonds pour pédaler autour d'un lac aménagé (avec un super terrain de jeux pour enfants).

Bref, entre deux hurlements/cris/colères d'Ernest parce que NON, définitivement, son frère n'a pas le droit de le doubler et SURTOUT PAS le droit d'être le premier, de faire la course, nous avons apprécié la balade.

 

Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

Bien sûr, c'est la Normandie. Pas de surprises : de grosses averses entre deux rayons généreux. On a toujours un plan B en tête (qu'on peut aussi appeler Plan Pluie), mais sur ce coup-ci, on a eu un bol pas possible puisqu'il a fait beau!

Je ne peux que vous conseiller encore et toujours notre Normandie, accessible financièrement, belle et magique, jamais la même, toujours sublime avec une lumière inégalée, et jamais remplie de touristes à mi-saison !

Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie
Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

Et le Pont de Normandie qui nous offre son spectacle final...

Quelques jours à Villers-sur-mer, en bas de notre Normandie

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Jusqu'à la corde

11 Avril 2016, 05:00am

Publié par Alice

Jusqu'à la corde

J'aurais pu parler d'un vêtement, d'un jean ou d'un tee-shirt, mais finalement je fais tant de mini yoyos de poids que je me sens vite oppressée à cause d'un bouton qui donne l'impression de vouloir investir mon nombril, ou d'un slim qui devient un pantalon loose.

Ha si, il y a bien un gilet noir, long, avec de la laine angora, très doux, qui a une tendance quand même à feutrer parce qu'il suit le mouvement des fringues en coton en les suivant dans le programme à 40°c de la machine... je le repasse, à toute vapeur, et tant bien que mal il retrouve une forme à peu très acceptable. Celui-là finira surement en pull/doudou maison, au dessus d'un legging bas de pyjama.

Alors...

Finalement ce sera une paire de boots, la seule que je trouve confortable. Celle qui m'a coûté le moins cher (10,15 euros chez Camaïeu je crois), mais qui commence à marquer de sérieux signes de fin de vie.

J'ai tout le temps mal aux pieds. Dans n'importe quelle paire de chaussures. Voilà mon drame. Impossible de marcher plus de 500 mètres sans que les crampes, les cloques apparaissent. Je n'ai pourtant pas les pieds tordus. On ne peut pourtant pas regretter mon manque d'investissement en la matière puisque j'ai une bonne cinquantaine de paires : boots à talons ou pas, bottes, tongs, baskets, Converse, sandales...

Chaque escapade est marquée par l'achat d'une nouvelle paire puisque, assez vite en général, je ne supporte plus celles avec lesquelles je suis partie. L'Epoux s'en amuse et participe avec moi, à la quête de la paire parfaite, et surtout parfaitement (in)confortable.

 

Et toi, alors, quelle est la pièce de ta garde-robe que tu porterais même trouée, même rapiécée?

La semaine dernière Proust a été inspirant pour nombre d'entre nous !

et la semaine prochaine nous serons sur une île déserte. Oui, oui, et nous aimerions, Zaza et moi, savoir ce que vous emmèneriez ?

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