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De l'autre côté du miroir d'Alice

Articles avec #alice lectrice

Et toi tu lis quoi?

23 Janvier 2017, 05:30am

Publié par Alice

Je pense que mon addiction à la lecture n'est un secret pour personne. Comme d'autres allumeraient la télévision, moi j'ouvre un roman. Plus le temps passe, plus je découvre des auteurs, plus je reçois de livres à "critiquer" et commenter, plus ma passion prend de la place dans mon planning déjà chargé.

Si autrefois lire m'enfermait dans une bulle, aujourd'hui ce n'est plus le cas car je partage beaucoup mes impressions, les confronte avec d'autres, improvisant des clubs de lecture au boulot dans mon bureau partagé où on s'échange plus volontiers les livres que les copies.

Lire me caractérise et me définit aussi;

Je profite de ce thème du lundi pour vous conseiller une liste de romans qui, je vous le promets, devraient écourter vos heures de sommeil !

 

La série des W3 (trois tomes à ce jour), ce sont des polars avec des personnages attachants. Un premier tome qui vous rend addict aux suivants :  900 pages que je n'ai pu cesser de tourner. Le sourire des pendus est un bon polar. Une journaliste télé enquête sur les pratiques sexuelles déviantes et se trouve kidnappée et au cœur d'un réseau de prostitution/ pornographie infantile. Sans l'acharnement d'une jeune flic, Sookie, elle serait morte. À côté de cette "grande" intrigue, il y a Léon , le défenseur des victimes du système, Arnaud le producteur, Valentin le jeune frère amoureux d'une actrice porno... Ces héros forment une joyeuse et ambitieuse équipe, qui viennent en contrepoids à la noirceur des milieux qu'ils infiltrent. Chaque personnage est une possibilité d'histoire et, en refermant le livre, on a juste une envie : connaître la suite !

 

Et toi tu lis quoi?

Un auteur qu'il faut découvrir si vous avez envie de partir loin, en Afrique :  Chimamandi Ngozi Adichie. J'ai lu quasiment toutes ses oeuvres, j'en garde un comme un petit trésor à m'offrir en cas de disette ;)
Des personnages très attachants ; des intellectuels Nigérians au début des années 60, et la douloureuse création du Biafra. Le roman se passe sur une dizaine d'années et m'a totalement transportée en Afrique. Un regard sociologique, politique avec une réelle histoire familiale et amoureuse. Un roman passionnant !

 

Et toi tu lis quoi?

Camille LAURENS est un auteur dont je vous ai déjà parlé je crois me souvenir.

Le livre s'ouvre sur une scène "choc" : Camille (qui est la narratrice et aussi, pourquoi pas, l'auteure du roman) est revenue chez sa grand-mère pour un week-end ; et alors qu'à genoux, elle s'apprête à s'occuper de son petit ami, nu et debout face à elle, sa grand-mère ouvre la porte, choquée par ce qu'elle voit.

Plus tard, la vieille dame lui demandera : "Est-ce que c'est ça l'amour?"

Voilà donc le point de départ du roman qui va s'interroger sur l'amour durant presque 300 pages.
Un roman que j'ai beaucoup aimé, truffé de références littéraires, questionnant les amours familiales (parents, grand-parents, arrière-grand-parents...) et l'évolution du couple sur la durée.

"Ce pourrait être une définition de l'amour, celle de Flaubert : la curiosité. Etre, soudain, tellement curieux de quelqu'un, fou curieux. Connaître l'autre, co-naître, naître au monde avec lui, tel est l'unique projet. La phrase la plus éloignée de l'amour, ce ne serait pas "je te hais" mais "je ne veux pas le savoir".

Et toi tu lis quoi?

Je crois que je vais m'arrêter là si je ne veux pas vous noyer sous les titres, mais vous trouverez mes lectures ici ou sur ma page FB

Et pour les autres idées lecture de ce lundi, c'est ici que cela se passe !

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Où l'on parle de littérature, et d'un peu plus...

15 Octobre 2016, 07:13am

Publié par Alice

Où l'on parle de littérature, et d'un peu plus...
Où l'on parle de littérature, et d'un peu plus...

Lisez sans tarder Au commencement du 7ième jour de Luc LANG j'en parle ici  et je peine à me remettre du plaisir ressenti. J'ai lu ce roman en apnée. Bouleversée, captivée, passionnée par la vie de Thomas, depuis le jour qui a brisé net son destin jusqu'à celui 538 pages plus loin, qui l'a peut-être sauvé.

Difficile ensuite de passer à une autre lecture, parce qu'évidemment, tout me semble bien fade.

Il y aussi la diffusion hier de la "fameuse" interview pour France Culture et l'émission Les pieds sur terre. Mon coming-out en tant qu'apprentie voleuse? non, bien sûr, mais surtout une manière plutôt peu commune de s'exercer à l'introspection. Le résultat final est fidèle au long entretien qui a précédé le montage. C'est très étrange de d'entendre cette voix qui parle, qui est la mienne et dont pourtant, sur les ondes, je me sens dépossédée. J'aurais voulu dire plus, dire mieux, dire différemment, éviter les maladresses. Mais c'est ainsi.

Et c'est ici :

 

 

Où l'on parle de littérature, et d'un peu plus...

Cet après-midi, à la médiathèque Jean Renoir, à Dieppe, il y a un chouette rendez-vous lecture pour que l'on parle des pépites dénichées parmi la centaine de romans publiés pour la rentrée littéraire. Si ça vous tente de partager vos coups de coeur ou de trouver des idées, rejoignez nous !

Où l'on parle de littérature, et d'un peu plus...

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Des livres pour une compulsive

11 Juillet 2016, 14:42pm

Publié par Alice

Des livres pour une compulsive

Impossible pour moi de vivre sans un livre à mes côtés. Dans mon sac, mon cartable, sur ma table de chevet, de salon, dans les toilettes...

Je lis sans modération. A un rythme que je ne suis même pas puisqu'à peine le précédent fermé, le second est déjà à moitié entamé. Quand je peine à écrire un "vrai" billet sur mon blog, je tiens un journal de lectures (2015) et 2016, public, sur mon profil Facebook. Pour mon plus grand plaisir, des anciens élèves, des collègues, amis, connaissances, me demandent des conseils, me suggèrent des lectures, consultent cet album pour trouver des idées.

La lecture vit, et ça me ravit.

Alors, puisque mes livres vivent, j'ai décidé de ne plus les "capitaliser", j'emprunte beaucoup à la médiathèque, achète de "seconde main", revends immédiatement ceux que j'achète neufs. J'en laisse des piles à disposition des collègues pour que chacun se serve.

En vacances, je n'ai plus aucun dilemne pour savoir quels seront les élus de ma valise puisque ma Kindle me permet de télécharger en quelques secondes un classique, un polar ou encore un roman.

Je fuis un peu les librairies car je ne suis guère raisonnable, pour moi, comme pour les autres, mais jamais je ne renoncerai au plaisir d'offrir même si j'entends souvent de la part des Blonds : "Un livre? mais c'est pas un cadeau ça!" L'Epoux lui, a bien compris que je ne suis pas du même avis et revient souvent les mains pleines de livres emballés.

Et puis, il y a le blog, ma chronique dans le journal qui me permet d'en recevoir, d'en lire, même si ce ne sont pas les plus rapidement terminés car ce ne sont pas ceux que j'ai choisis. D'ailleurs je pense même que je vais renoncer à accepter les propositions puisque je ne suis jamais, ou presque, très enthousiaste et je ne sais pas faire semblant...

 

Et zut, je suis un peu hors sujet :/ 

Voici tout de même mes conseils d'été :

Si vous voulez mourir d'angoisse, lisez Giebel absolument.

Si vous voulez entendre parler d'amour, lisez Camille Laurens, 

SI vous cherchez une saga familiale que vous n'oublierez pas de sitôt, lisez Marie Laberge et Son goût du bonheur canadien

Si vous voulez relire un classique : Françoise Sagan ou Romain Gary se laissent lire et relire sans ennui

Attention, il s'agit de littérature d'été, de celle qui ne fait pas de noeud au cerveau !

Ce lundi à deux était proposé par MHF (la semaine dernière je suis mauvaise élève), hé oui, l'été, Zaza et moi on laisse la parole aux membres du groupe !

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Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

16 Avril 2016, 07:54am

Publié par Alice

Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant
Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

Grâce à Babelio, ce site génial de partage de lectures et de lecteurs, j'ai reçu un exemplaire de Condor, de Caryl FEREY, en vue de préparer la rencontre prévue au sein des Editions Gallimard le mercredi 13 dernier.

Impossible pour moi de ne pas tenter de participer: j'ai aimé tout ce que j'ai lu de Caryl Férey (Utu, Zulu, Mapuche...), je suis fan de ses héros cassés, de ses histoires qui ne s’embarrassent pas d'une Happy End, des ancrages politiques et historiques qui permettent aux personnages d'évoluer au Chili, en Argentine ou encore en Afrique du Sud. J'ai découvert les desaparecidos, réappris l'humanité d'Allende, pris la mesure de l'apartheid et la violence, la corruption...

Les romans de Caryl Férey peuvent choquer, bouleverser, certaines scènes sont très violentes, elles remuent. On lit d'une traite, sans respirer. On n'ose quelquefois pas terminer un paragraphe, mais l'amour agit toujours comme une "goulée" nécessaire d'oxygène dans ces pays rongés par la violence, la drogue, l'argent.

Condor, ce dernier roman, prend place au Chili. Gabriela est une jeune étudiante vidéaste qui filme tout, sans cesse, grâce à un système ingénieux lui permettant de capturer les images depuis son sac à main. Ses vidéos témoignent de l'injustice sociale de son pays : dénonçant, par exemple, le coût exorbitant et prohibitif des études lors d'une manifestation lorsque le roman s'ouvre.

L'histoire débute vraiment quand le fils d'un de ses amis est retrouvé mort dans les bidonvilles de Santiago. Il porte des traces de poudre blanche sous le nez, lui qui n'est pas toxico. Gabriela, consciente que sa simple voix de citoyenne ne suffira pour éclaircir le mystère de cette mort, se rend chez un avocat, spécialiste des causes perdues. Esteban, personnage exubérant, farfelu et complètement cassé et désillusionné, est le fils d'une famille fortunée, en lutte contre son éducation et contre les valeurs transmises.

La scène inaugurale placée, les protagonistes sont à présent libres d'évoluer, ils ont tous une valeur, qu'elle soit positive ou négative : la police corrompue, Edward, l'associé d'Esteban, dont les parents ont été torturés par la DINA, police secrète de Pinochet, Gabriela et la communauté Mapuche considérée comme terroriste, le mysticisme représenté par sa tante machi, les gamins des bidonvilles, livrés à eux-mêmes, à la drogue comme à la violence, Stephano militant et opposant à Pinochet, en fuite durant des années...

Ce roman est très dense, excessivement documenté et réaliste, Caryl Férey d'ailleurs, lors de la rencontre, nous a précisé que tout ce qu'il avait écrit était vrai (les quartiers, la police, les figures opolitiques...), les noms ont été modifiés quelquefois, mais l'ancrage dans le réel n'est pas fictif malgré le caractère romancé de l'ouvrage. Il y a un message politique dont il ne se cache pas : le seul espoir du Chili, c'est la jeunesse, à qui il a souhaité donner la parole, tout autant qu'aux opprimés, aux autochtones qui ne trouvent plus leur place dans leur propre pays

Caryl Férey est un auteur drôle et pétulant. Le personnage d'Esteban d'ailleurs n'est pas sans rappeler l'auteur : celui-ci écrit aussi, (un passage de son poème est inséré dans le roman), comme une mise en abyme du récit (partie qui m'a d'ailleurs le moins convaincue)

4 ans d'enquête, de voyages et de rencontres ont permis à cette petite semaine (tel est le temps du récit) de faire naitre des personnages, comme autant de figures de lutte et de résistance contre l'oppression, la dictature, qu'elle soit financière ou politique.

 

Donc?

J'ai adoré cette rencontre au sein des Editions Gallimard, ces cadres aux photos d'auteurs édités dont j'admire l'écriture ou que j'apprécie toujours de lire. Je me suis sentie soulagée par le caractère décontracté de la rencontre, des échanges avec l'auteur très accessible. Je garde comme un trésor cette drôle de dédicace.

En revanche, et pour tout vous avouer, Condor n'est pas le roman de Caryl Férey que je préfère. Il y a quelques longueurs, la digression "poétique" d'Esteban ne m'a pas convaincue. Et puis, il y a un cycle asez négatif où, finalement, la chute de l'histoire ressemble au début, les personnages ayant "juste" perdu leurs idéaux et leurs rêves. Là où l'auteur y voit un message d'espoir (en avant la jeunesse !), j'y vois beaucoup de pessimisme...

Son prochain roman évoquera le monde marin, les migrants, en passant de la Bretagne par la Grèce. Une parution que je vais guetter avec impatience !

Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant
Ce jour où j'ai rencontré Caryl Férey, cet auteur de polars que j'aime tant

D'autres idées de lecture pour ce WE, ici.

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Ta façon d'être au monde, de Camille Anseaume (+ interview)

17 Février 2016, 08:38am

Publié par Alice

Ta façon d'être au monde, de Camille Anseaume (+ interview)

Je ne sais pas si vous connaissez la théorie des 6 poignées de main ou 6 degrés de séparation, mais en gros, chaque personne peut être reliée à un autre, à l'autre bout du continent, grâce aux chaines individuelles de connaissances.

Il a fallu deux personnes pour "rencontrer" Camille et que ma boîte aux lettres abrite son livre quelques jours plus tard. J'ai lu, et aimé. Tant que je ne pouvais pas rater l'occasion de poser "pour de vrai" les interrogations que j'avais en tête ; Camille a très gentiment accepté de se prêter au jeu des questions/réponses (je n'oserais pas évoquer l'interview tant je ne maîtrise pas l'exercice).

Résumé éditeur:

Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti... Un roman poignant sur l’amitié, le deuil, et sur ce point de bascule irréversible qui sonne la fin de l’insouciance.

Le livre se divise en deux parties égales : la première évoque l'enfance et l'adolescence de "Elle", le personnage principal, que l'on pourrait penser en souffrance depuis son plus jeune âge. La difficulté d'exister, d'être, de porter ses maux existentiels et en chercher les causes.

C'est un personnage sensible et émouvant. Son regard sur le monde est par moments bouleversant et on se demande comment on peut "tenir" si jeune avec de si grosses fragilités, ce besoin excessif du contrôle. On s'indigne parce que la situation, à plusieurs reprises, est alarmante, et comment la mère est passée à côté de la souffrance de son enfant.

Comment peut-on vivre si jeune (et si mal) avec une si grande conscience de la mort?

A la moitié de l'ouvrage, le "Elle" devient "Je" , "la petite fille" devenue grande s'affirme avec son propre pronom personnel, même si le récit devient moins introspectif. C'est l'âge des relations aux autres plus affirmées, l'âge de l'indépendance et de la liberté.

C'est un roman sur la difficulté de s'aimer soi-même, et le danger de s'aimer à travers le regard et la présence de l'autre. Que peut-on apporter à l'autre quand on pense n'avoir rien à offrir? On s'interroge aussi sur les liens de l'amitié d'adolescence : pourquoi on se choisit? parce qu'elle est celle que l'on aimerait être? est ce que l'amitié se teinte inévitablement de la couleur du désir : de ce que l'autre est? de ce qu'il représente pour nous.

Peut-on se perdre dans une amitié aux attentes inégales?

C'est un roman d'apprentissage, où les expériences font grandir et dévoilent un monde où les illusions n'ont plus leur place (comme cet épisode où les deux petites filles vont vendre un carton de Barbie pour financer leur "fugue", peu conscientes du prix qu'elles peuvent en exiger. Un acheteur les leur prend pour 5 euros le tout, et elles retrouvent le contenu du carton ( des dizaines de Barbie et accessoires) sur son étal, à 5 euros l'article.

Et puis il y a ce jour où la vie prend un virage, où le drame interrompt l'insouciance pourtant vaguement trouvée : où la mort fauche en plein vol la vie du groupe d'amis et l'amitié devient un rempart contre le vide, une sécurité contre le vide qui naît de l'absence de l'autre.

La chute, est tout aussi brutale que pourrait l'être celle d'une nouvelle, brutale mais quelque part prévisible dans inconscient du lecteur. La relecture du roman inviterait à retrouver les indices qui amènent à la révélation et à son issue.

Ta façon d’être au monde est un beau roman avec des personnages forts, que l'on n'oublie pas. L'écriture est belle, une génération s'y retrouvera sans aucun doute, dans les détails, dans les sentiments.

Camille Anseaume est assurément une auteure que l'on aura envie de retrouver et dont les histoires transportent au plus profond de nos souvenirs, autant qu'au plus profond de nos sentiments.

"Tu souris et je me dis voilà ce que j'aurais aimé te répondre. Elle a les mots que je ne te dis pas. J'envie l'élégance avec laquelle elle et Emilie endossent les habits du deuil, le naturel de leur posture.

Comme moi, Emilie parle peu depuis quelques jours, mais nos silences ne sont pas les mêmes. Le sien a quelque chose de fluide et de doux. Il est sa réponse discrète, sa communions silencieuse. Le mien bourdonne à mes oreilles comme un acouphène rempli du brouhaha de tout ce que je tais."

Questions à Camille Anseaume :

Ta façon d'être au monde: un roman d'amitié? d'apprentissage? Comment le qualifieriez-vous?
C’est difficile de qualifier son propre livre, parce que cela suppose d’être très au clair sur l’intention portée devant le lecteur. Or, ce qui me fascine dans cette aventure qu’est l’écriture, c’est justement l’appropriation que fait le lecteur de ce qu’on lui met entre les mains. Il y a mille livres à l’intérieur d’un livre, parce qu’il y a mille façons de le recevoir, de le comprendre. Dans les retours que j’ai, certains me parlent de l’histoire d’amitié, d’autres de l’évolution de la narratrice, d’autres du deuil. Les lecteurs ne retiennent pas tous la même chose, comme si l’histoire s’adressait à eux de différentes façons, selon leur histoire, leur sensibilité.

L'utilisation peu conventionnelle des pronoms personnels et de la désignation des personnages vous est apparue comme une évidence?
Oui, complètement. Je n’ai pas eu à cœur de faire quelque chose d’original, je n’avais d’ailleurs pas conscience que ça l’était tant que ça. J’ai écrit d’abord la deuxième partie, puis la première. Quand j’ai commencé à traiter de l’enfance de la « narratrice », le « elle » est venu tout seul, parce que cette femme, dans l’enfance, n’était pas « dans son corps ». Elle n’était pas incarnée, elle ne pouvait pas parler d’elle à la première personne du singulier. Elle parle d’elle quand elle était enfant avec une telle distance que le « elle » s’est imposé. Le « tu », lui, ne change pas. Tout le livre s’adresse à la même personne, l’amie d’enfance, que l’on découvre grandir. J’ai été étonnée que parfois les gens soient autant décontenancés. Je comprends qu’il faille un peu de temps pour s’habituer à cette narration, mais c’est finalement assez simple : dans la première partie, une voix s’adresse à quelqu’un, un « tu », pour lui raconter son enfance, et en particulier son amitié avec une petite fille. Puis, dans la deuxième partie, c’est cette petite fille devenue grande qui prend la parole, et continue le récit.

Quand vous avez commencé l'écriture de ce roman, aviez-vous en tête la chute?                               Pas du tout. C’était hyper étrange. Pour différentes raisons, j’ai mis beaucoup de temps à achever ce livre. Je n’avais aucune idée de la fin. Et un jour, j’ai tout relu, et je suis tombée de ma chaise. C’est comme si mes personnages m’avaient caché quelque chose, et que je venais de le réaliser, brusquement. Comme si la chute était déjà pré-écrite, mais que je ne le savais pas encore. Il y avait des indices partout, et pourtant je n’avais rien vu. Vraiment, ce n’est pas moi qui ai écrit la fin, mais mes personnages qui ont fait leur vie tout seuls.

J'imagine qu'il y a une part d'autobiographie dans le roman, au-delà du fait que la première partie du récit est l'abandon progressif des illusions, est-ce que vous vous reconnaissez dans cette petite fille en souffrance?
Cette petite fille a des choses en commun avec moi, comme par exemple une inquiétude sur le temps qui passe, une nostalgie très forte, à un stade très précoce. Le temps, c’est un thème qui m’habite complètement. Alors je me suis inspirée de mes sensations, bien sûr, mais j’ai aussi forcé le trait.

Vous connaissez inévitablement mieux vos personnages que les lecteurs. Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir "fait le tour" des émotions du personnage principal?                                                  Ce personnage m’échappe en partie, pour la bonne et simple raison qu’elle s’échappe en partie à elle-même. Et puis je n’ai pas voulu dresser un portrait psychologique complet, j’ai voulu livrer des morceaux d’elle, assez épars, pour rendre compte justement de son aspect « dispersé ». J’ai voulu qu’elle reste floue, comme une silhouette, parce qu’elle se sent dans la vie floue, comme une silhouette.

Quand vous avez commencé l'écriture de ce roman, aviez-vous en tête la chute?                                      Pas du tout. C’était hyper étrange. Pour différentes raisons, j’ai mis beaucoup de temps à achever ce livre. Je n’avais aucune idée de la fin. Et un jour, j’ai tout relu, et je suis tombée de ma chaise. C’est comme si mes personnages m’avaient caché quelque chose, et que je venais de le réaliser, brusquement. Comme si la chute était déjà pré-écrite, mais que je ne le savais pas encore. Il y avait des indices partout, et pourtant je n’avais rien vu. Vraiment, ce n’est pas moi qui ai écrit la fin, mais mes personnages qui ont fait leur vie tout seuls.

A quel moment vous, en tant qu'auteur, avez eu la sensation d'avoir achevé la rédaction?              Dès que j’ai trouvé la chute. Dès que je l’ai démasquée, plutôt. Au moment précis où j’ai compris ce que mes personnages me cachaient, tout est devenu clair. Ca a été le vrai point final. Sur le reste, je n’ai pas cette névrose de l’ « inachevé ». Sans doute parce que je suis pleinement consciente que tout est perfectible, toujours, et que ce serait très présomptueux de rendre un texte en estimant qu’il a atteint cette perfection. Ce qui me tient à cœur, c’est de le livrer au moment où j’ai l’impression que j’ai dit ce que j’avais sur le cœur, que j’ai fait passer mon message. Je crois aussi que je n’aime pas les choses trop propres, parce qu’elles perdent de leur aspérité. Peut être que c’est une excuse de feignasse, mais je pense qu’il ne faut pas trop revenir sur ce qui a été écrit, du moment que ça « sonne juste » pour soi, c’est à dire du moment que le propos est sincère, transparent.  

 

 

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D'après une histoire vraie, de Delphine de VIGAN

16 Janvier 2016, 08:24am

Publié par Alice

D'après une histoire vraie, de Delphine de VIGAN

Quatrième de couverture

"Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi."

Ce roman dont on a tant et tant entendu parler. Célébré dans les médias et sur les blogs, son succès en devenait intrigant. Intrigant d'ailleurs c'est le mot car le titre laisse entendre que ce roman est autobiographique.

Delphine, écrivain, peine à trouver l'inspiration pour son nouveau roman que son éditeur attend fébrilement. L'engouement qu'a suscité son dernier livre, autobiographique, Rien ne s'oppose à la nuit, l'expose aux émotions des lecteurs lors des séances de dédicaces notamment. En effet, la maladie mentale de sa mère et son suicide font naître des confidences intimes.

Elle se sent dès lors, comme nue psychologiquement face à ceux qui la lisent et attendent ses nouveaux écrits.

Un soir, elle rencontre L. Une femme élégante et cultivée, "nègre" (qui écrit la vie des gens célèbres), un écrivain de l'ombre, dont jamais le nom ne sera publié, au profit de celui de l'illustre commanditaire.

De là naît une amitié fusionnelle, et un discret mais efficace travail de manipulation de la part de L. Delphine écrit à postériori, elle donne donc des clés pour déchiffrer l'attitude de cette amie néfaste. Le lecteur comprend très vite que l'auteure se fera "vampiriser" naïvement,mais en sortira saine et sauve. Le personnage de L. est d'emblée décrit comme un personnage que nous ne sommes pas autorisés à apprécier.

La construction du roman est donc, particulièrement atypique, puisque l'on va observer la toile tissée par cette amie dangereuse qui n'a qu'une obsession : celle que Delphine écrive un roman autobiographique, basé sur sa vie, son histoire qu'elle n'aurait pas entièrement dévoilée. L. tente, de couper Delphine du monde vivant (ses amis, ses enfants) pour provoquer l'écriture de ce nouveau roman, suggérant incessamment que seul le réel intéresse les lecteurs.

Et moi, en tant que lectrice? ce qui m'intrigue ce n'est pas tant que cette histoire soit vraie. D'ailleurs je ne crois pas une seconde en la véracité de ce récit peut-être autobiographique : l'écriture en est trop intime, trop périlleuse...

En revanche, ce qui me touche immédiatement, c'est cette confession psychologique de l'auteur. J'aime quand elle raconte qui elle est, je crois en l'authenticité de son propre personnage public, la façon dont elle vit sa célébrité.

" Au fil du temps j'ai fini par comprendre - ou bien est-ce l'alibi qui me rend les choses acceptables - que la relation à l'Autre ne m'intéresse qu'à partir d'un certain degré d'intimité."

Les phrases font mouche, et dès les premières pages, je suis happée par ce roman.

La réflexion sur la lecture et l'écriture est très intéressante : que cherchent lecteur et auteur dans l'acte d'écrire et de lire? Attend-t-on vraiment une part d'authenticité et de vécu? peut-on bien raconter quelquechose que l'on n'a jamais ressenti?

"Il n'y a pas de vérité. La vérité n'existe pas. Mon dernier roman n'était qu'une tentative maladroite et inaboutie de m'approcher de quelque chose d'insaisissable. Une façon de raconter l'histoire à travers un prisme déformant, un prisme de douleur, de regrets, de déni. D'amour aussi. Tu sais très bien tout cela. Dès lors qu'on ellipse, qu'on étire, qu'on resserre, qu'on comble les trous, on est dans la fiction. Je cherchais la vérité, oui, tu as raison. J'ai confronté les sources, les points de vue, les récits. Mais toute écriture de soi est un roman. Le récit est une illusion. Il n'existe pas. Aucun livre ne devrait être autorisé à porter cette mention."

Ce roman est une belle découverte parce qu'il ouvre la réflexion sur l'acte même d'écrire, et qu'il est, par sa construction peu conventionnelle assez unique en son genre. Il est construit comme un thriller qui ne peut pas se finir mal, comme une mise en abyme d'un roman dans le roman, de l'écriture dans l'écriture.

(J'ai publié ce billet cette semaine sur mon blog lecture, et le publier ici me permet de rejoindre les lectrices du samedi)

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La maladroite, d'Alexandre SEURAT

12 Septembre 2015, 05:58am

Publié par Alice

La maladroite, d'Alexandre SEURAT

Quatrième de couverture : Inspiré par un fait divers récent, le meurtre d'une enfant de huit ans par ses parents, La maladroite recompose par la fiction les monologues des témoins impuissants de son martyre, membres de la famille, enseignants, médecins, services sociaux, gendarmes? Un premier roman d'une lecture bouleversante, interrogeant les responsabilités de chacun dans ces tragédies de la maltraitance.

Ce roman de la rentrée, je le redoutais, parce que dès qu'il s'agit de maltraitance, d'enfance, je n'ai aucun recul et cela me bouleverse tant que j'en perds tout esprit critique. Or, point de larmes, point de misérabilisme dans ce récit dénué de toute émotion.

En effet, on le lit d'une traite, parce que finalement, au cours de ces pages, ce n'est qu'un énoncé de constats, un "roman chorale" sans roman, où les avis et aveux d'échecs se succèdent, qu'ils soient professionnels ou personnels.

C'est pathétique mais sans pathos, aucun lyrisme, la grand-mère n'a pas de prénom, chaque voix est définie par son lien avec la Maladroite, cette Diana (au prénom à la destinée tragique mais qui n'aura pas connu l'adulation de celle, si célèbre).

Mauvais départ? reproduction d'un triste schéma familial? on ne peut pas dire que le destin lui avait distribué les bonnes cartes. Des histoires qui débutent comme la sienne, malheureusement, il y en a des tas. Heureusement qu'elles se terminent toutes moins tragiquement.

Alors pourquoi ce roman ? pour dénoncer l'incurie des services sociaux ou judiciaires? les dysfonctionnements entre les différentes services administratifs? C'est en effet l'incompétence de leur coordination qui est largement mise en avant entre les lignes. Chacun a fait comme il pouvait, je n'ose imaginer la culpabilité de ceux qui ont pressenti, mais qui se sont sentis impuissants face à la rigidité et à la lenteur du système.

En effet, il ne faut pas oublier, oui, il en va de la responsabilité collective d'être vigilant à ce que cela ne se reproduise pas. Toutefois, cela ne fait pas de La Maladroite un beau roman, un texte bien écrit et sensible. C'est froid, sans analyse, à la manière des minutes d'un procès, où le greffier prendrait note de tous les témoignages des proches. On n'y cherchera pas l'émotion mais le souci d'authencité, et, très honnêtement, ce n'est pas ce qui en fait la valeur d'une oeuvre littéraire selon moi.

"Avec elle, les mots paraissaient pris d'un tremblement, soit qu'elle se trompe sur leur sens, soit que ce soient les mots eux-mêmes qui ne convenaient pas à ce qu'elle voulait dire ou ne voulait pas dire. Et là-dessus, je ne parvenais pas à me faire une idée, je me sentais mal à l'aise, et j'avais l'impression que pour moi aussi les mots tremblaient maintenant, je ne savais plus lesquels utiliser."

Vous pouvez retrouver toutes mes lectures sur mon autre blog, ma page FB. Je rejoins, ce samedi, les lectrices de chez VirginieB.

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Bilan lecture du mois de juin

8 Juillet 2015, 04:00am

Publié par Alice

Bilan lecture du mois de juin

L'histoire se déroule dans Prague (ville haute aristocratique et ville basse où les miséreux résident). Une révolte fomente, dont l'amant d'une jeune comtesse est au centre.
Des superstitions, un univers fantastique voire fantasmagorique très noir, inquiétant où la seule issue est la tragédie.

Bilan lecture du mois de juin

Un récit vraiment atypique...
L'auteur (Emmanuel Carrère) relate une court période de sa vie, dramatique, qui l'a changé à jamais :
Alors qu'il était en vacances au Sri Lanka avec sa compagne et leurs enfants respectifs, que la monotonie semblait avoir raison de leur couple, le tsunami ravage le pays, leur environnement. Ils accompagneront un couple qui vient de perdre son unique petite fille, alors qu'elle jouait au bord de la plage.

Cet événement d'une douleur indicible permet à l'auteur de regarder sa compagne avec un autre regard, lui permet de s'approprier et d'apprendre ce qu'est l'amour.

Quelques mois plus tard, la soeur d'Hélène, sa compagne, est en fin de vie : un cancer l'emportera, laissant derrière elle trois petites filles et un mari, ainsi qu'un collègue avec lequel elle était liée par une profonde connivence intellectuelle.
Celui-ci raconte, par le biais d'entretiens, qui était cette femme, quelle justice elle a contribué à rendre (elle était juge), et quelle malade elle fut, en récidive d'un premier cancer.

Je crois qu'il faut lire ce lire même si c'est parfois difficile, parce que c'est bourré d'humlilité et d'humanité.

Bilan lecture du mois de juin

Une histoire d'amour comme je les aime, mais évidemment qui finit mal. L'histoire se déroule pendant la seconde guerre mondiale, un couple de résistants s'installe chez l'ami d'enfance de l'homme, à la campagne, afin de tenter de déployer leur réseau.
Sagan évoque avec justesse et brio l"ambivalence des sentiments amoureux, la passion et la sensualité.

Bilan lecture du mois de juin

Gloria/Blondie est de ces personnages que l'on n'oublie pas. Auto-destructrice autant que destructrice, issue d'une famille modeste, elle rencontre, à 15 ans, lors de "son séjour" en HP, celui qui deviendra l'homme de sa vie. Lui, fils de famille aisée, sera contraint de la quitter. 
Ils vont se retrouver, vingt ans plus tard, elle toujours aussi paumée, et lui vedette de télé.
L'histoire recommencera, Blondie, inchangée, comme "un cerf-volant sans le fil et ça fait super peur".
Une histoire brute et émouvante, à l'image de ses personnages.

Bilan lecture du mois de juin

Premier roman écrit par John Kennedy Toole -sa bibliographie en compte deux- et publié à titre posthume. Il ne laissera pas le souvenir impérissable de La conjuration des imbéciles, mais c'est tout de même un sacré bouquin. L'histoire se passe aux Etats-Unis dans les années 40 et David, est élevé par ses deux parents. Quand sa tante ronde et fantasque Mae vient vivre chez eux, l'Amérique puritaine et aveuglée par le fanatisme religieux, rejettera la famille, les poussant à s'installer dans une maison délabrée, dans les hauteurs de la ville. 
La mort du père parti "à la guerre" aura raison de la santé mentale de la mère. David grandit, devient un jeune homme, naïf mais pourtant farouchement en révolte contre la foi bien pensante incarnée par le pasteur et sa femme intolérants.
Quand sa tante quitte la ville, laissant David seul avec sa mère, son destin prend une autre tournure...
J'ai lu ce roman un peu ennuyée, pas passionnée mais la chute m'a réservé une belle surprise, comme si la totalité de l'histoire y trouvait son sens.

Bilan lecture du mois de juin

Autobiographie de Marc Lavoine que je ne connais pas plus que deux chansons.
Très intime, c'est son père, "l'homme qui ment", l'homme aux multiples femmes, l'homme qui boit, l'homme qui ne s'est jamais remis de la guerre d'Algérie et qui s'est engage dans le syndicalisme. L'homme d'une époque en somme, celle des années 70.
Grandir avec un père qui prend son enfant comme témoin/alibi de ses liaisons. Un père immature, une mère dépressive. Et Marc Lavoine qui se construit, avec son frère le modèle, avec ses 4 enfants qu'il tente de protéger plus qu'il ne le fut.
 

Une intimité familiale dévoilée qui me met mal à l'aise même si l'expression des sentiments est touchante.
"Ma vie basculait dans un monde inconnu qui me laissait pensif et perplexe. Je décidai de prendre les choses à la légère, c'est à la longue qu'elles ont pris du poids, jusqu'à devenir vraiment lourdes pour un garçon de mon âge."

Bilan lecture du mois de juin

Des mendiants sans tête sont retrouvés sans vie au petit matin, dans la ville de Kita. La panique gagne les habitants de ce village devenu brutalement ville : Notables, religieux incarnent la tradition et l'explication mystique. Habib (originaire de Kita) et Sosso, enquêteurs venus de Bamako vont épauler les enquêteurs locaux pour mener l'enquête, en jonglant entre les peurs irrationnelles, la colère des jeunes qui méprisent la police, les nuances ethniques Malinkés/Bambaras.

Un roman policier bourré d'exotisme, de tradition, où les codes littéraires fançais (ou américains) en vigueur semblent bien loin. Des personnages attachants et intéressants, une belle découverte !

Bilan lecture du mois de juin

Belle trouvaille. L'auteur, Olivier Norek est policier et ce roman est vraiment ancré dans la réalité : celle du SDPJ (Service Départemental de la Police Judiciaire) du 93. Un "géant" est retrouvé émasculé, un malfrat carbonisé sur une chaise en plastique intacte, un autre vidé de son sang.
Victor Coste avec son équipe bien hérogène, enquête, délinquants, flics et notables se trouvent mêlés.
Bien sûr c'est parfois un peu rude, mais d'autres fois drôle, c'est bien écrit et cela me plairait qu'il y ait une suite !

Bilan lecture du mois de juin

Idris Shah est un poète indien, de tradition soufiste né en 1920. Je découvre cet auteur  et ce genre de livre qui se compose d'une série de petits poèmes, aphorismes, assez légers et amusants mais qui peuvent se lire sur plusieurs degrés.

Nasrudin, le personnage, est un prétexte, il n'a pas d'identité fixe et est au service de la démonstration : tantôt un paysan, tantôt médecin, idiot, mendiant, l'important est le message qu'il véhicule. C'est un personnage qui traverse les époques et les pays.

Les histoires s'inspirent de la vie quotidienne et mettent en lumière des traits humains et des situations. La chute est souvent pleine de bon sens et attendue. Ce que l'on garde en tête, une fois le livre fermé, c'est d'envisager quelquefois la vie sous un autre angle, de déplacer un peu notre point vue pour voir les choses, la vie différemment.

Le livre se lit comme un paquet de pop-corn que l'on mangerait distraitement mais avec plaisir : on chipe quelques maximes, quelques histoires et on ne peut s'empêcher d'y revenir, tourner une autre page, encore et encore.

Nasrudin entra dans la maison de thé, déclamant:
"La lune est plus utile que le soleil.
- Et pourquoi donc, Mulla?
- Parce que c'est surtout quand il fait nuit que nous avons besoin de lumière."

Bilan lecture du mois de juin

Un roman choral très parisien, très bobo où j'ai eu un mal de chien à me concentrer sur les personnages (trop nombreux, trop ennuyeux). Leur nombre en a fait perdre leur intérêt et j'ai cru apercevoir l'éclat au moment de tourner la dernière page, toute au futur roman que j'ouvrirai.

Bilan lecture du mois de juin

Gros coup de coeur pour ce roman atypique : Tout se passe au coeur de la ville de Certigny (93) : une jeune prof diplômée fera ses armes auprès de jeunes quasi illitrés, un élève brillant mais frappé récemment d'un handicap se tournera vers l'Islam radical, et deux hommes de justice (flic et proc) chercheront les moyens d'endiguer les trafics en tous genres. 
Des personnages se croisent, avec des idéaux et des révoltes.
Très réaliste, au coeur de l'actualité (antisémitisme, influence salafiste, décapitations punitives), ce roman est inquiétant de véracité, de noirceur (et de pessimisme). Pourtant il fait réfléchir et permet d'évoquer une réalité que les médias nous balancent par à-coups comme des faits sensationnels.
A lire.

Un bon bilan pour ce mois de juin avec des polars aux genres différents mais vraiment chouettes. 

Si vous voulez lire plus de détails, n'hésitez pas à jeter un oeil sur mon blog de lectures où j'organise un petit concours dont le lot est une "box lecteurs" home made !

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Faire vivre sa passion des livres

4 Juin 2015, 20:26pm

Publié par Alice

Faire vivre sa passion des livres

J'aime lire. Je crois que cela n'a échappé à personne. Mon parcours scolaire et universitaire a été guidé par l'amour des livres : une filière littéraire, un bac A2 (pour les plus vieux, lettres et langues), une fac de lettres modernes et ensuite un début de carrière comme professeur de lettres modernes. Aujourd'hui, je suis aussi professeur de français.

Plus les livres se sont éloignés de mon quotidien professionnel, plus j'ai ressenti le besoin d'en parler "quand même" : évoquer ces lectures quotidiennes, les partager, découvrir d'autres avis.

Les blogs consacrés à la littérature m'ont fait prendre conscience que l'on pouvait verbaliser nos ressentis de lecture, sans être professionnel, sans être prétentieux(se). Je me suis lancée et c'était compliqué de synthétiser, d'être juste dans mes jugements, de les argumenter et les expliquer clairement.

Cela m'a demandé un vrai travail que j'ai vraiment apprécié.

Et puis, l'hiver dernier, je me suis lancée, on a sélectionné ma candidature pour être juré Elle et là j'ai lu, sans aucune modération désormais, les 3 livres mensuels de la sélection mais aussi tous ceux qui me faisaient envie. J'ai tenu le rythme, toujours plus avide.

Ensuite, j'ai osé participer à un premier rendez-vous "Ta Page" à la bibliothèque, un moment au cours duquel les bibliothécaires présentaient leurs ouvrages coups-de-coeur. D'échanges en échanges dans un cadre bienveillant, amical, nous nous sommes prêtés des livres personnels, j'ai pris de l'assurance, présentant moi-même mes livres. Je co-animerai avec une autre grande lectrice (Magda coucou!) le dernier rendez-vous de la saison.

Sur la toile, en revanche, je ne suis plus le rythme de mes lectures et je publie de temps à autre un billet exclusivement consacré à un roman, sans oublier les récapitulatifs mensuels. Alors, j'ai créé un album public sur mon profil facebook, où mes amis sont essentiellement mes anciens stagiaires, collègues, copines. A chaque livre lu, je publie une photo et un avis synthétisé (les mêmes en général que mes récap' ici). on échange, on partage, on se prête des livres, se conseille. C'est intéractif et cela a ouvert d'autres champs de discussions avec beaucoup de personnes.

Et enfin... (quel longueur de post, je m'en excuse!), grâce à cet album facebook, une amie vient de me proposer une chronique dans un journal mensuel gratuit diffusé largement dans le département, consistant à présenter deux ou trois livres par mois, si tout va bien. Je suis très excitée par l'expérience, en plus d'être immensément flattée.

Une nouvelle porte s'ouvre et j'en suis vraiment excitée!

 

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Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

2 Juin 2015, 19:35pm

Publié par Alice

13 livres lus ce mois-ci, un bilan aussi qualitatif que quantitatif (l'un explique l'autre car plus j'aime, moins je lâche mon livre). J'ai beaucoup de belles lectures à vous conseiller si vous cherchez des titres pour l'été.

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Vous aimez le bon vin? La bande dessinée? Vous êtes curieux de savoir de quelle manière ils sont fabriqués? Alors cette bd est faite pour vous.
Grâce à un récit bourré de tendresse amicale, Étienne Davodeau et Richard Leroy mêlent leurs quotidiens de viticulteur et dessinateur.
Très intéressant et émouvant. Une belle "initiation croisée".

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Whaou.
Intéressant et très touchant : Helene Cooper a vécu une enfance privilégiée au Libéria (où ses ancêtres notamment, esclaves etats-uniens affranchis, prirent possession de terres) jusqu'à ce que la guerre civile, sanglante, éclate. Elle fuit vers les Etats-Unis en famille et tente d'oublier ce pays où la torture regne en maitre. Elle devient grand reporter...

J'en avais parlé plus longuement ici

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

L'auteur se raconte, lui, le frère à jamais endeuillé et amputé de son jumeau à l'âge de 6 ans. 

Il raconte aussi a quel point la littérature évoquant la perte d'un enfant ou encore la fascinante et intrigante gémellité l'ont aidé à se construire. 

(Pas gai gai mais très beau)

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Une vie de banlieue américaine où chaque résident est assommé par les dettes et crédits. La femme de Glenn meurt d'un accident de voiture aux circonstances incompréhensibles; puis la voisine. Chacun semble mêlé à la contrefaçon... Des ficelles très grosses, des morts comme s'il en pleuvait.

 
Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Oui c'est un polar qui se lit et bien. Oui c'est bien ficelé et j'aime retrouver certains personnages de roman en roman. Connelly est fort ... mais pourquoi ces auteurs us écrivent tous de la même manière?
Lisons des polars français!
#lectricepatriotique

 
Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Un livre culte qui évoque le combat mené pour la légiférer la liberté des femmes à procréer (ou non).
Un passage particulièrement étonnant (dont les motivations gouvernementales sont douteuses) sur les DOM qui ont bénéficié, bien avant la métropole, d'une campagne d'information sur la contraception, affiches en annexe à l'appui.

 
Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Une jeune femme part à la recherche de la tombe de son premier amour, au Portugal. Il est question des conditions de vie, en France, des premiers immigrés portugais, d'amour fauché et de construction impossible. 
Un roman tout en délicatesse.

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Un roman nostalgique, celui d'une amitié qui dure depuis plus d'une quarantaine d'années. Chacune de ces 3 femmes, "les suprêmes" solutionnera la cause de sa souffrance au cours du récit. Il est bien sûr question de ségrégation mais si légèrement... Le mot est lâché, ce roman m'a semblé bien trop léger même si la lecture en est sympathique.

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Policier français : ça se passe dans Paris, entre les différents arrondissements et le 36, quai des orfèvres. C'est bien écrit. Les personnages m'ont plu, l'ambiance est là même si la résolution de l'intrigue est un peu décevante (car moins crédible) par rapport à la qualité de l'enquête.

Bref. Lisons français!

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Quel récit !
Intime et universel : il est question du passé familial de Colombe Schneck ( journaliste) hanté par la mort de ses aïeux, juifs. Quand sa fille, Salomé, naît, c'est le passé qui resurgit car Salomé c'est aussi le prénom de sa grand-tante morte enfant dans les camps.
Un récit bouleversant, magnifique, qui questionne sur la famille, la maternité.
A lire absolument...

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Le narrateur, Ramon, traverse une période de crise : d'inspiration (c'est un jeune auteur à succès), et de couple (dont il ne soupçonne pas la gravité). Sa femme l'incite à partir dans le chalet familial en montagne pour prendre un nouvel élan.
Entre écriture, accident (une electrocution qui a failli lui être fatale), soupçons et découvertes, la passion renait et les sentiments excessifs qui vont de pair, jusqu'à l'issue fatale.
Bof. Bof.

Le bilan lecture de mai : de belles découvertes

Avec un "nous" générique, l'auteure raconte ces femmes qui ont quitté le Japon au début du XX°ième siècle, pour épouser, sur photos, des hommes exilés aux Etats-Unis. Ce sont des centaines d'expériences qui se croisent, tragiques ou plus chanceuses, regroupées par thèmes : De la traversée en mer, à la découverte du promis, beaucoup plus âgé, beaucoup plus rustre que prévu, aux travaux des champs, à la vie domestique puis au second exil alors que la guerre éclate.

Un émouvant et assez bouleversant travail de mémoire.

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