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De l'autre côté du miroir d'Alice

S'aimer à deux ... quand on est quatre

27 Janvier 2016, 09:13am

Publié par Alice

S'aimer à deux ... quand on est quatre

Je me souviens, un jour, d'avoir lu une interview qui avait fait scandale, celle d'Ayelet Waldman, romancière américaine, mariée et mère de quatre enfants. La confession qui avait fait frémir l'Amérique allait à contre courant de la pensée traditionnellement admise, confession qu'elle avait elle-même faite lors d'un groupe de discussions de mères :

"Si je devais perdre un enfant, je serais anéantie mais je peux entrevoir un après. Parce qu'il me resterait mon mari. Je suis en revanche incapable de me représenter l'existence après sa mort à lui.'"

Pour justifier son propos, elle explique : "J'adore ma fille, mais je ne suis pas amoureuse d'elle. Pas plus que je ne le suis de ses frères et soeurs. Oui, j'ai quatre enfants Quatre enfants avec lesquels je passe beaucoup de temps. Je leur donne le bain, je les coiffe, je les aide à faire leurs devoirs, je les console quand ils ont du chagrin. Mais je ne suis amoureuse d'aucun d'entre eux. Je suis amoureuse de mon mari. Seul son visage m'inspire de la passion. Si être une bonne mère implique d'aimer son enfant plus que tout au monde, alors je n'en suis pas une. Je suis une mauvaise mère. J'aime mon mari plus que mes enfants."

 

Books, Numéro spécial "Tout sur la mère" juillet/août 2011

 

Aujourd'hui les enfants ont grandi, et 10 ans après notre troisième premier baiser, je crois comprendre ce qui m'avait interpellée dans cet article que j'ai conservé tant il raisonnait de manière profonde en moi.

2016 nous guide vers un nouvel amour, plus fort, plus inconditionnel, mais aussi paradoxalement plus libre malgré le crédit maison, les deux enfants, la peau moins tendue et la quarantaine débutante. Un virage a été pris.

Nous avons pris la résolution de nous aimer mieux, et plus. De retrouver ce qui nous unit depuis tant d'années et qui nous a attirés l'un vers l'autre il y a 30 ans déjà, une première fois. Nous avons mis et retrouvé des mots, des gestes, des habitudes, dans un même élan, une même nécessité, un même besoin. 

Il ya des caps à passer pour grandir à deux, harmonieusement. Comme si, à un moment, on se choisissait à nouveau, pour ce que nous sommes vraiment, sans fards, et sans artifices, dans la connaissance la plus intime de l'Autre.

On ne forme pas une famille unie sans couple solide et consciemment amoureux.

L'avenir nous appartient, désormais. Et c'est grisant.

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Le premier envol

26 Janvier 2016, 08:44am

Publié par Alice

Le premier envol

Nous sommes des parents poules, c'est indéniable.

Nous les aimons, "trop" comme on nous le fait remarquer. Nous savourons nos soirées en amoureux mais nous arrivons pourtant vite au constat qu'ils nous manquent rapidement. (L'ambivalence ne nous effraie pas).

Dans 10 jours Octave partira sans nous pour sa qualification au Championnat de Normandie d'échecs. 2 nuits à passer seul. Découcher, il a l'habitude, et il adore ça.

Mais voilà... à 7 ans, les garçons, enfin le mien, enfin lui, n'est pas très autonome : il peut oublier de mettre son caleçon, il peut garder son haut de pyjama, il peut mettre le pull avant le polo, il peut partir en chaussons, il faut lui demander s'il est allé aux toilettes, lui imposer, bien sûr, le lavage et brossage de dents.

L'encadrement ne sera pas scolaire ni professionnel, ce sont des animateurs du club et il sera avec d'autres enfants, souvent bien plus âgés.

Nous l'avons inscrit, nous avons payé pour, mais plus l'échéance aproche moins nous sommes rassurés. Et pourtant, nous ne lui montrons pas, le mettons un peu à l'épreuve en ne l'aidant plus le matin, le menaçant même de le faire partir à l'école tel qu'il sera prêt au moment où il sera l'heure. Rien n'y fait. 

Alors, finalement, au-delà du fait que nous risquons de modifier nos emplois du temps pour y passer chaque jour, cette expérience lui sera sans aucun doute profitable, un encadrement moins maternel et protecteur, avec des camarades plus autonomes, l'aidera peut-être à avoir envie de se dépatouiller enfin seul. Cette expérience nous aidera, très certainement, tous à grandir : nous en tant que parents, lui en tant que garçon et non plus "petit garçon".

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Les cartes de voeux, version 2016

25 Janvier 2016, 07:47am

Publié par Alice

Les cartes de voeux, version 2016
Les cartes de voeux, version 2016

Elles ne sont pas envoyées, enfin dans l'urgence, seule une vingtaine est partie samedi. Mais elles sont faites, les séances de pose derrière l'objectif sont terminées.

Cette année, c'est inédit : nous serons quatre sur le carton.

Depuis que les Blonds sont nés, cette tradition est devenue incontournable même si j'ai souvent perdu patience en tentant de capturer le moment. 2013, 2014,en 2015 , quelle émotion de les voir encore sur les pêle-mêle des amis, de la famille. Ils ont grandi et je ne me souviens plus des bébés qu'ils ont été ...

Cette année les cartes seront rondes ou carrées, avec des souhaits d'amour.

Pour nous c'est important de vraiment souhaiter de belles choses à ceux que l'on apprécie. Alors on fait perdurer la tradition...

Et vous les cartes de voeux?

Pour MHF ne louperait sous aucun prétexte l'occasion de recevoir et envoyer des cartes

Ptisa réalise aussi de belles cartes "home made"

tOrtue reçoit en fin et en début d'année un nombre impressionnant de cartes

Wondermomes s'interroge sur cette tradition des voeux manuscrits, qui tombe en désuétude

Despe a deux modèles sublimes pour les illustrer

Arlette en reçoit toute autant qu'elle en envoie !

Mamie Dany fête le Lapinou Year !

Pilisi écrit des "veux" rigolos, et s'agace un peu de tous ceux partagés avec des inconnus

 

 

 

Avec Zaza, pour février, voici les thèmes que l'on vous a concotés :

Le 1 février: le travail : celui de nos rêves, celui que l'on espère, celui dont on ne veut plus...

Le 8 février, l'amour ! (Saint Valentin oblige)

Le 15, la décoration (vintage, moderne, DIY ou minimaliste), sur quelle tendance surfez-vous?

Le 22 on parlera télévision, vous regardez quoi et nous conseillez quoi?

Et le 29, place à la chanson, quels sont les chanteurs ou titres qui accompagnent votre vie?

 

On peut aussi se retrouver sur notre groupe Facebook

 

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Et trouver l'énergie d'y croire encore

24 Janvier 2016, 09:30am

Publié par Alice

Pause.

Cette semaine était censée être la plus light de mon année, j'avais donc prévu concerts, dîners, sortie théâtre... et elle a été la plus dense. L'Epoux travaille et les réveils matinaux de ce week-end ne vont manifestement pas me permettre d'être reposée pour reprendre demain.

Bref, c'était une semaine épuisante, et je suis complètement écœurée par les politiques, leurs promesses fallacieuses et leurs manipulations électorales.

Lundi 18. Mes collègues sont reçus à la Sous-Préfecture. Un rassemblement est prévu devant, il fait très froid, le Maire est venu en renfort.

Et trouver l'énergie d'y croire encore

Mardi 19. Le speed toute la journée et un super concert le soir venu. A deux.

Et trouver l'énergie d'y croire encore

Mercredi 20.  On chante dans la cour avec les stagiaires. Je ne pense pas que cette vidéo soit remontée jusqu'à son destinataire (Cyril Hanouna)

Et trouver l'énergie d'y croire encore

Jeudi 21. Je ne travaille que le matin. Enfin l'après-midi je bosse, mais à domicile, noyéee sous mes copies.

La Yote n'est plus la même depuis quelques jours, on croirait qu'elle me boude.

Et trouver l'énergie d'y croire encore
Et trouver l'énergie d'y croire encore

Vendredi 22. Départ en bus pour Paris. La délégation est reçue par la ministre elle-même, Valls n'avait pas envie que nous fassions du bruit à Matignon j'imagine...

Finalement que de la poudre aux yeux. Ils cherchent des solutions pérennes (c'est-à-dire un an dans leur langage), comme depuis 5 ans, la prochaine rentrée est assurée, avec des économies drastiques, donc des conditions de travail de plus en plus rudes.

Nous sommes dépités, écoeurés mais nous ne renoncerons pas, notre combat nous semble juste.

Et trouver l'énergie d'y croire encore
Et trouver l'énergie d'y croire encore

Samedi 23. Retour au calme et à la campagne normande.

Nous sommes tous bien fatigués et Ernest assez ingérable. J'ai cumulé pas mal de retard dans les copies et cours, et je n'ai pas un gramme d'énergie ni une seconde pour m'y mettre.

Et trouver l'énergie d'y croire encore
Et trouver l'énergie d'y croire encore

Et aujourd'hui? faut absolument que je travaille, que je tente de faire le vide pour me ressourcer d'énergies positives. Pour le moment, je ressens chaque contrainte comme une agression; et j'ai le moral dans les chaussettes.

Les autres participations sont chez VirginieB

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Janvier à l'image de l'année?

21 Janvier 2016, 16:36pm

Publié par Alice

Est-ce qu'il faut considérer que le premier mois donne le ton à tous les suivants?

En janvier ici, le rythme est rock'n roll, non seulement parce que nous avons assisté au concert d'un groupe que nous aimons beaucoup, Balthazar, mais aussi parce que chaque semaine est ponctuée par des moments forts...

 

Bon ce concert déjà... vous connaissez?

 

Et puis il y a la santé meilleure de ceux que l'on aime fort, des invitations autour de plats sucrés, des films et séries regardés lovés devant la cheminée ou au chaud sous la couette, la balade à Milan de la semaine prochaine, 

Il y a aussi des rendez-vous moins légers : ceux liés au boulot et à la lutte pour pérenniser notre Institut de Formation (ou plutôt insertion) à destination des jeunes de Normandie et des Départements d'Outre-mer.  Beaucoup de réunions, de manifestations et une descente sur Paris en masse pour qu'une délégation soit reçue par la ministre de l'Outre-mer en personne demain. L'agréable soulagement d'avoir enfin été entendu nationalement.

Etrangement c'est dans ce tourbillon que je suis le plus zen, même si loin d'être la plus reposée. Ma confiance inébranlable en la vie me sert et je m'aperçois plus que jamais que j'ai des stagiaires formidables (en 24 heures se bouger pour trouver les paroles d'une chanson et organiser son "enregistrement" pour espérer une diffusion dans l'émission de Cyril Hanouna), des collègues avec lesquels nous sommes solidaires et heureux de bosser ensemble, un mari irremplaçable et formidable, des enfants excessivement attachiants et bien dans leurs baskets, des parents (les miens, les siens) aimants et aidants.

Quand 2016 débute ainsi, les promesses portées par les jours à venir sont forcément belles, non?

 

 

Janvier à l'image de l'année?

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Jamais sans ma mer

18 Janvier 2016, 20:23pm

Publié par Alice

Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer
Jamais sans ma mer

Alors que le vent du nord souffle plus froid que jamais, que la mer est rarement apaisée, je m'aperçois que quel que soit le temps je reste toujours aussi fascinée face à elle.

Bien sûr elle est loin des palmiers, ses galets sont insupportables pieds nus (mais jamais brûlants certes), dangereuse quand la tempête gronde, rarement à une température que mon corps supporte... mais qu'elle est belle !

Et si demain je perds mon emploi? et si je n'en retrouve pas dans cette ville touchée de plein fouet par le chômage? Serions-nous prêts à tout quitter? Bâtir ailleurs? Ce n'est aujourd'hui pas un vrai questionnement, mais je ne peux pas m'empêcher d'envisager cette possibilité.

Au-delà de la famille, des amis qu'il faudrait quitter, il y a aussi Elle, Ma Mer, qui fait entièrement partie de nous, que l'on porte dans le regard, qui est inscrite dans chaque parcelle de notre peau, et dont nous respirons les embruns chaque fois que nous le pouvons.

Finalement, je ne sais pas si je saurais/pourrais vivre sans être une "Blonde du bord de mer", cela fait tellement partie de moi, de nous, c'est tellement inhérent à ce que nous sommes, à notre rythme et nos habitudes de vie...

 

(Rassure-toi, Maman, je ne pourrais pas vivre non plus sans toi ma mèrE !)

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Avec une fève, de la frangipane mais sans galette !

18 Janvier 2016, 06:00am

Publié par Alice

Avec une fève, de la frangipane mais sans galette !
Avec une fève, de la frangipane mais sans galette !

J'ADORE la galette mais mon pèse-personne beaucoup moins.

Les Blonds ADORENT trouver la fève mais n'ADORENT pas la galette (enfin l'un des deux car mon Octave est presque plus gourmand que moi, et ce n'est pas peu dire...)

Donc en janvier, tous les gâteaux cachent une fève (voire deux). Mais si tous tournent autour du thème de la frangipane, rares sont les "vraies" galettes que l'on déguste à la maison.

Et là j'ai tenté une recette qui connait un franc succès.

- 4 pommes

- 1 jus de citron

- 3 oeufs

- 80 grammes de frangipane et 40 gr de poudre d'amandes

- 30 grammes de maïzena

- 100 grammes de farine (j'ai utilisé une farine bio aux 5 céréales et la couleur et le goût du gâteau s'en ressentent)

- 100 grammes de beurre fondu

- 1 sachet de levure

- 20 grammes de sucre vanillé

- 2 cuillères à soupe d'Amaretto

- un sachet d'amandes effilées

 

Première étape : Peler et couper les pommes en petits cubes. Je les fais revenir et fondre dans une poele avec une noisette de beurre demi-sel. Ensuite je saupoudre de sucre vanillé et presse le jus d'un citron. Je couvre et laisse cuire 10 minutes à feu très doux.

Avec une fève, de la frangipane mais sans galette !

Ensuite, je mélange beurre, farine, sucres, oeufs, frangipane, amandes, amaretto, levure et maïzena.

Je beurre et farine un moule à gâteau. Je parsème le fond d'amandes effilées et verse l'appareil avec une fèce dedans, bien sûr.

Ensuite je laisse cuire à 180°c pendant 40 minutes.

C'est délicieux. 

 

 

Et vous, alors, la galette c'est dans la tradition la plus pure? Vous la faites vous-mêmes ou votre pâtissier est le roi incontesté en la matière?

Aujourd'hui, lundi, vous l'aurez compris, on se régale !

 

La semaine dernière il était question de détox et nous étions nombreuses au rendez-vous, et il y a plein de recettes qui semblent délicieuses !

Sans oublier le rendez-vous que vous pouvez retrouver sur Facebook

 

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En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

17 Janvier 2016, 08:17am

Publié par Alice

Tiens, celle-ci je ne l'ai pas vue passer non plus. Le dimanche, quand j'allume mon ordi pour regarder derrière moi, je suis fascinée par le fait que je ne sais plus distinguer ce qui a fait l'humeur de chaque jour. Chaque matin, quand le réveil se manifeste, c'est comme si le jour présent était le même que le précédent : même torture d'entendre la voix du journaliste, même douleur de sortir des draps (et des bras) chauds et accueillants.

Et pourtant, à chaque minute la journée se fait différente de la précédente : le contenu de mes cours, mes horaires, l'ambiance en classe, la pluie dehors, le froid qui arrive enfin, les menus, les rires... La vie quoi.

Lundi 11. Ernest semble d'accord avec moi. En janvier, on est fatigués. Avant de s'écrouler à 17:04 précisément, chaque son venant de lui n'était qu'un cri. Heureusement pour nos oreilles et notre seuil de tolérance, il s'est écroulé au hasard d'un câlin.

 

En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

Mardi 12. Je ferme ce livre, lu en deux jours. Décidément, je l'aime bien cette auteure. Si vous aimez les thrillers, je vous conseille de lire ses romans.

En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

Mercredi 13.  Un superbe soleil au petit matin. Nous profitons de la pause déjeuner pour nous mettre devant l'objectif afin de créer nos cartes de voeux. Pas en avance mais pas encore en retard (enfin j'ai dit créer et pas envoyer).

En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

Jeudi 14. Nous avons enlevé les écrans de la vie des Blonds. La lutte est quotidienne mais nous nous sentons vraiment plus en harmonie avec l'éducation que nous croyons meilleure pour eux. Octave joue et souhaite s'entraîner pour les championnats de Normandie, Ernest colorie à tout va.

En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

Vendredi 15. Je m'offre une petite séance de soldes et un feu de cheminée à deux le soir venu. Nous ne sommes que tous les deux, L'Epoux et moi, et le calme est appréciable. Même la Yote médite.

En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

Samedi 16. De la lumière !

Tiens, hier soir, nous avons regardé le film Papa ou Maman qui passe actuellement sur Canal, et au-delà du fait que j'ai énormémént ri, j'ai vraiment aimé y retrouver notre ville. Le tournage a eu lieu à Pourville, Dieppe, nos terres ...

En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

Dimanche 17. Nous nous sommes couchés très tard. Les Blonds, restés à la maison, ont été plus raisonnables et la toux d'Ernest me sort du lit à 7h30. Les quatre heures de sommeil ne me suffisent pas du tout.

Pourtant, un goûter amical est programmé, et je ne trouve pas l'apaisement nécessaire pour poursuivre ma nuit dans le canapé. Demain (une manif est prévue) et les jours qui vont suivre seront normalement porteurs de décisions concernant l'avenir de mon lieu de travail. Et puis il y a un concert mardi, une pièce de théatre jeudi (et un repas copine). La semaine prochaine, Milan nous tendra les bras et cette pause nous fera un bien fou.

En janvier, on est fatigués et pas vraiment apaisés

Les autres participations sont chez Virginie B, et sinon demain, c'est Galette des Rois ici !

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D'après une histoire vraie, de Delphine de VIGAN

16 Janvier 2016, 08:24am

Publié par Alice

D'après une histoire vraie, de Delphine de VIGAN

Quatrième de couverture

"Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi."

Ce roman dont on a tant et tant entendu parler. Célébré dans les médias et sur les blogs, son succès en devenait intrigant. Intrigant d'ailleurs c'est le mot car le titre laisse entendre que ce roman est autobiographique.

Delphine, écrivain, peine à trouver l'inspiration pour son nouveau roman que son éditeur attend fébrilement. L'engouement qu'a suscité son dernier livre, autobiographique, Rien ne s'oppose à la nuit, l'expose aux émotions des lecteurs lors des séances de dédicaces notamment. En effet, la maladie mentale de sa mère et son suicide font naître des confidences intimes.

Elle se sent dès lors, comme nue psychologiquement face à ceux qui la lisent et attendent ses nouveaux écrits.

Un soir, elle rencontre L. Une femme élégante et cultivée, "nègre" (qui écrit la vie des gens célèbres), un écrivain de l'ombre, dont jamais le nom ne sera publié, au profit de celui de l'illustre commanditaire.

De là naît une amitié fusionnelle, et un discret mais efficace travail de manipulation de la part de L. Delphine écrit à postériori, elle donne donc des clés pour déchiffrer l'attitude de cette amie néfaste. Le lecteur comprend très vite que l'auteure se fera "vampiriser" naïvement,mais en sortira saine et sauve. Le personnage de L. est d'emblée décrit comme un personnage que nous ne sommes pas autorisés à apprécier.

La construction du roman est donc, particulièrement atypique, puisque l'on va observer la toile tissée par cette amie dangereuse qui n'a qu'une obsession : celle que Delphine écrive un roman autobiographique, basé sur sa vie, son histoire qu'elle n'aurait pas entièrement dévoilée. L. tente, de couper Delphine du monde vivant (ses amis, ses enfants) pour provoquer l'écriture de ce nouveau roman, suggérant incessamment que seul le réel intéresse les lecteurs.

Et moi, en tant que lectrice? ce qui m'intrigue ce n'est pas tant que cette histoire soit vraie. D'ailleurs je ne crois pas une seconde en la véracité de ce récit peut-être autobiographique : l'écriture en est trop intime, trop périlleuse...

En revanche, ce qui me touche immédiatement, c'est cette confession psychologique de l'auteur. J'aime quand elle raconte qui elle est, je crois en l'authenticité de son propre personnage public, la façon dont elle vit sa célébrité.

" Au fil du temps j'ai fini par comprendre - ou bien est-ce l'alibi qui me rend les choses acceptables - que la relation à l'Autre ne m'intéresse qu'à partir d'un certain degré d'intimité."

Les phrases font mouche, et dès les premières pages, je suis happée par ce roman.

La réflexion sur la lecture et l'écriture est très intéressante : que cherchent lecteur et auteur dans l'acte d'écrire et de lire? Attend-t-on vraiment une part d'authenticité et de vécu? peut-on bien raconter quelquechose que l'on n'a jamais ressenti?

"Il n'y a pas de vérité. La vérité n'existe pas. Mon dernier roman n'était qu'une tentative maladroite et inaboutie de m'approcher de quelque chose d'insaisissable. Une façon de raconter l'histoire à travers un prisme déformant, un prisme de douleur, de regrets, de déni. D'amour aussi. Tu sais très bien tout cela. Dès lors qu'on ellipse, qu'on étire, qu'on resserre, qu'on comble les trous, on est dans la fiction. Je cherchais la vérité, oui, tu as raison. J'ai confronté les sources, les points de vue, les récits. Mais toute écriture de soi est un roman. Le récit est une illusion. Il n'existe pas. Aucun livre ne devrait être autorisé à porter cette mention."

Ce roman est une belle découverte parce qu'il ouvre la réflexion sur l'acte même d'écrire, et qu'il est, par sa construction peu conventionnelle assez unique en son genre. Il est construit comme un thriller qui ne peut pas se finir mal, comme une mise en abyme d'un roman dans le roman, de l'écriture dans l'écriture.

(J'ai publié ce billet cette semaine sur mon blog lecture, et le publier ici me permet de rejoindre les lectrices du samedi)

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Ces soirs où l'ange n'a jamais le temps de passer

14 Janvier 2016, 21:40pm

Publié par Alice

Ces soirs où l'ange n'a jamais le temps de passer

"Les garçons vous mettez la table. Pourquoi c'est TOUJOURS nous?!"

"On parle des loups? Mais non pas des devinettes, ON PARLE DES LOUPS !"

"Je veux manger de la soupe et des pâtes. Quoi c'est pas des pâtes?"

"On devine ce qu'il y a comme légumes dans la soupe?"

"Octave, ta main sur la table, et ne mange pas la bouche ouverte."

"Un gâteau ce n'est pas un dessert. Prends un fruit."

"Ha mais non (hurlements) fallait pas mélanger (crise) !"

"Hé les gars, on ne s'essuie pas les mains sur le pull !"

"Est-ce qu'il en reste encore? Ho non j'en veux encore moi..."

"A la cantine ce midi on mange tous les jours des lentilles"

"Micheline, à l'école,elle dit si tu touches tu prends alors moi je touche le chocolat"

"Moi je ne quitterai jamais la maison, parce qu'on mange bien"

"On peut écouter FIP?"

"Chez Mamie, j'ai mangé toutes les crêpes de Papi"

"Ho j'ai renversé mon verre"

"T'as vu c'est bien là, j'ai toutes les couleurs dans mon assiette!"

Et quand je rentre déjeuner, en coup de vent le midi, je savoure tout autant ma solitude...

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