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De l'autre côté du miroir d'Alice

Les mères

20 Novembre 2015, 09:27am

Publié par Alice

Les mères

Cette semaine, je crois me souvenir que dans un cauchemar (celui de lundi? ou mercredi? à moins qu'il ne s'agisse de celui de mardi) il était question de la mère des terroristes. Comment élever son enfant qui grandit dans la haine, loin des valeurs inculquées ouvéhiculées par la tradition, la morale ou même la religion? Comment, et par quel excès de misanthropie en arrive-ton à tuer de sang froid des personnes que l'on ne connait pas, des jeunes, des moins jeunes, des innocents, libres. Et comment l'accepter quand on est soi-même parent de ces monstres?

Et ces questions se mêlent en vrac depuis des jours et des jours dans ma tête et dans mes doigts, dans mes cauchemars et mes conversations.

J'ai envie d'évoquer le bonheur de retrouver ma maman, toute fragile mais réveillée, sortie de son statut de "Belle au bois dormant" qui m'a semblé durer des mois, de découvrir sa voix enrouée, de ne pas oser la serrer dans mes bras, elle si frêle. Mais le bonheur d'échanger à nouveau, de la lire, l'entendre, la voir. Ne pas pouvoir imaginer vivre sans elle et son amour...

Et puis, il y a aussi le cri de colère, d'injustice d'une mère dont l'enfant est encore privé autant de mots que d'école, la faute au système? à l'Education Nationale? quoiqu'on en dise, le handicap prive d'accès à la normalité sociale, quoi qu'on en pense, il s'agit de maltraitance.

Au milieu, je me débats avec ma propre maternité, mes agacements, mes envies de solitude et liberté, la dé-fusion avec Ernest qui chaque fois qu'elle avance, régresse de plus belle dans les jours qui suivent. La culpabilité qui se mêle aussi à tout ça, quand après un rendez-vous chez l'ORL l'oreille d'Ernest coule. C'est du sang (et c'est normal) mais je le pousse doucement dans sa classe pour qu'il rejoigne ses camarades et que je retrouve mes stagiaires qui passent leurs premiers oraux blancs. Comme devoir choisir. L'incompréhension du personnel de l'école. L'appel passé quelques heures plus tard pour venir le récupérer.

La sensation d'être oppressée par leurs cris, disputes et la responsablité que tout cet amour engendre ; paradoxalement, étrange ambivalence maternelle, ressentir le manque d'eux si vite.

Cette semaine, sans Epoux à la maison, j'ai encore une fois éprouvé une immense admiration pour les Maman Solo. Chaque nuit notre lit a été occupé par un tête blonde (et une boule de poils gris) et celle où j'ai enfin dormi, d'un sommeil réparateur, c'est celle où j'étais seule à la maison. Plus de 7 ans sans vivre cela et j'avoue que c'était excessivement bon, au milieu de cette tempête de stress divers.

Je crois sortir d'une période qui m'a fait prendre 10 ans en 10 jours. Il va falloir retrouver l'énergie de ma jeunesse, et peut-être aussi j'espère, celle de l'insouciance.

 

 

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Laurence (Lolotte) 23/11/2015 16:37

C'est parce que tu es sans doute une bonne mère (et une bonne fille) que tu te poses toutes ces questions ! Courage Alice !!

flipperine 22/11/2015 16:25

et oui on pense tous à cela et il faut se relever, faire face, ne pas montrer notre peur

swettylux 21/11/2015 09:56

super si ta maman va mieux !!
allez courageee des bisousss

julie 20/11/2015 20:07

C est bien jolie comme texte. As tu lu le livre we need to talk about Kevin. Je sais pas le titre en Francais. C est la maman d un monstre. Bisous

Anne-flore 20/11/2015 14:15

ton billet est très juste et je partage tes interrogations..Je n'ai malheureusement pas les réponses...quant à une nuit entièrement seule.. je crois qu'il s'agit d'un de mes rêves inavouables....mais qui devient de plus en plus présent....Contente que ta maman se rétablisse...je t'embrasse fort

MHF 20/11/2015 12:15

Pour l’insouciance il va te falloir attendre encore je crois ...
Je suis contente de lire que ta Maman va mieux...
Je n'ai malheureusement pas de bon conseil, repose toi un peu si c'est possible en trouvant du temps pour toi...

lizagrece 20/11/2015 12:08

Il est à craindre que les terroristes aient été des enfants normaux, élevés dans des milieux moyens, par des parents aimants. Le dénominateur commun de ces terroristes est la drogue, or, bien des parents sont démunis devant ce problème qui menait à la case prison et qui aujoud'hui peut mener à la radicalisation et aux comportements extrêmes. L'E.I le sait bien et attaque au cœur même des familles. Ne nous trompons pas d'ennemi.

Alice 20/11/2015 12:23

Ho la la oui ! tout à fait d'accord, je pense m'être mal exprimée et je viens d'y remédier en éclaircissant ma pensée.
En effet, ne nous trompons pas d'ennemi !

Ptisa 20/11/2015 10:42

Je ne pense pas que mal élever son enfant (ou ne pas le faire) en fasse des tueurs, il y a aussi la folie qui passe par là, et des substances qui détruisent le cerveau, sûrement aussi !

Alice 20/11/2015 12:24

En effet, je suis d'accord avec toi, je pense avoir manqué de clarté sur ce coup là :)