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De l'autre côté du miroir d'Alice

Avec eux

26 Juin 2016, 07:39am

Publié par Alice

L'été est arrivé !

Et si je passais peu de temps derrière mon ordinateur, je ne l'allume quasiment plus depuis que le soleil est arrivé.

Je déserte le blog, les livres... sans cesse par monts et par vaux avec mes Blonds (ou pas) et je n'honore même plus mes rendez-vous du lundi, ce qui ne me plait pas.

Dimanche dernier, nous nous sommes retrouvés pour un goûter en famille : fête des pères et anniversaire. Je pense au mien qui est loin et que je ne verrai pas cet été ...

Avec eux

Le début de semaine a été marqué par la nouvelle expulsion des migrants du bout de terrain sur lequel ils étaient. Sans solution de repli, sans plan B.

Je ne comprends pas. Plus. La mairie (communiste) s'acharne sur eux, nous. Il doit me manquer un élément de compréhension. On doit blâmer les migrants économiques, le Brexit permettra peut-être de contenter les espoirs de ces jeunes et l'intolérance politique?

Et moi qui déjeune en tant qu'invitée à la table d'honneur à l'hippodrome pour aller ensuite donner des papiers au commissariat pour libérer un "malheureux candidat" au passage des barbelés du Transmanche.

C'est la fête de la musique, je suis passée entre les notes à vélo, pas vraiment convaincue...

Il fait très chaud avant l'orage. Mon Ernest et ses pistolets... et ce camp dont on protège les tentes données par Médecins Sans Frontières, mais pas encore rasé. Cet entre-deux qui les fragilise et les rend si vulnérables dans la ville, peut-être pour mieux donner raison à ceux qui les méprisent...

Avec eux
Avec eux
Avec eux
Avec eux
Avec eux

Ernest s'écroule dans la voiture en route pour assister au spectacle de l'école d'Octave. Impossible de le réveiller, je l'ai porté sur des mètres et des mètres sans jamais qu'il ouvre un oeil; il ronflait lors des 30 premières minutes...

Beaucoup d'émotion quand j'ai vu/entendu mon Grand si sérieux, si appliqué avec sa petite voix aiguë si juste.

La fin de la semaine je leur consacre, et c'est bon d'être seule avec mon Grand, après le rendez-vous lectures de la biblio, où je repars avec des romans plein mon sac et j'ai l'espoir de m'y plonger à nouveau à en perdre la notion du temps.

Nous parions sur les résultats du foot, le gain c'est le choix du dessert, et même si nous ne maîtrisons pas tous les enjeux d'une égalité dans le temps règlementaire, nous saurons que celui qui avait parié l'égalité a été lésé.

Avec eux
Avec eux
Avec eux
Avec eux

Aujourd'hui le soleil a disparu, Octave gère moyennement la déception de ne pouvoir se rendre à son tournoi d'échecs à 1h de voiture de la maison (4heures de route pour moi en une journée, c'est trop), je dois terminer la correction du journal (et accessoirement de mon dernier paquet de copies de l'année).

Je vais accélerer le mouvement pour préparer mon Lundi à deux, et mettre à jour celui de la semaine passée ;)

Et toutes les autres participations c'est ici

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Quand la vraie vie ne laisse pas de répit

19 Juin 2016, 07:29am

Publié par Alice

Le tourbillon de la vie : j'ai beau avoir un semblant d'organisation, il y a toujours plus d'impératifs, d'urgences à gérer et le mois de juin c'est celui des kermesses, des spectacles, réunions...

On ne s'ennuie pas, je n'ouvre même plus mon ordinateur, la "vraie vie" nous happe, les humeurs d'Ernest n'ont jamais été aussi bruyantes (quel euphémisme!)

En début de semaine dernière il a fait beau, mais cela n'a pas duré... comme partout ailleurs semble-t-il.

Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit

Je donne toujours des cours de français même si les "apprenants" ne sont pas ausi réguliers que mes autres, les "vrais" : la faute aux arrestations, aux arrêtés d'expulsion. Sacrés circonstances atténuantes, hein?

Mon Grand est touché par la Footballmania et c'était donc la première fois que la maison résonnait au rythme des sifflets des arbitres.

Heureusement le cours hebdomadaire de tennis change la forme du ballon et leur investissement physique pour le rendre plus concret que derrière l'écran.

Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit

Jour après jour, ils deviennent autonomes : l'association a installé une kitchenette sur le camp afin que les marmites de 10 kilos de pâtes bolo cuisinées à la maison deviennent un souvenir.

Le 12 nous fêtons nos 6 ans de mariage civil.

Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit

Pour bien débuter la semaine, j'accompagne mon zouave chez le dentiste. Il état tombé sur sa dent, qui de blanche est devenue grise et semble vouloir enfin retrouver une couleur plus claire. Gérer son stress a été compliqué (même si cela ne se voit pas du tout en effet sur la photo), il a été plus que chi... tétant les doigts gantés, et roulant des yeux tout en s'endormant sur le siège tandis que nous discutions. Bref, il ne s'est pas laissé faire et ça ce n'est pas étonnant.

Notre quotidien : les cris, chicaneries, le ferry (que certains appellent "notre bus", celui qui les attend (ou plutôt qu'ils attendent à heure fixe), la jolie décoration de belle-maman...

Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit

Il fait gris, froid. Je décide de laver les couettes et oreillers des enfants. Cette histoire a occupé mon vendredi, je vous épargnerai les péripéties mais moi qui aime les lavomatics, j'ai eu ma dose de séance "je me berce en regardant le linge tourner".

Nous avons fêtons l'anniversaire de L'Epoux une première fois et c'était doux.

Hier, il y a eu un rayon de soleil timide, nous avons pris ballon et jeu d'échecs pour partager nos loisirs du samedi après-midi, par-delà les langues, les passeports, les conditions de vie ou les regards étonnés et/ou malveillants.

Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit
Quand la vraie vie ne laisse pas de répit

Aujourd'hui nous fêtons à nouveau les anniversaires, celui de L'Epoux et de son jumeau, mais aussi la fête des pères, et mon four et mon fouet m'attendent impatiemment pour pâtisser.

Bon dimanche à tous, les autres participations sont ici et on se retrouve demain pour parler tourisme? quel est le "spot" à ne pas rater près de chez vous?

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Sous les galets

13 Juin 2016, 09:46am

Publié par Alice

Sous les galets

Ici, en Normandie, pêcher coquillages et crustacés c'est tout un art de vivre... En été, à peine le pied posé à terre, on jette un oeil à la météo et aux marées (basse /haute), de ses horaires dépendront les activités de la journée.

Ce qu'on aime, ce sont les marées basses qui nous permettent de profiter des vastes étendues de sable pour créer des oeuvres éphémères ou pour anticiper l'apéritif du soir avec des crevettes grises ou de beaux bouquets roses. Attention toutefois, la vigilance est de mise, les falaises s'érodent et il est très dangereux de circuler en dessous, notamment quand la marée monte et que certains se trouvent piégés.

J'avais publié un petit manuel de pêche à pieds, vous trouverez d'ailleurs dans la rubrique Alice Normande beaucoup d'articles où il est question de mer et de marées.

En dehors de ces petites crevettes pêchées avec beaucoup d'application par les Blonds, j'avoue que je suis très méfiante et je mange peu de coquillages : moules, bulots, bigorneaux... j'ai toujours peur de "tomber" sur celui qui me rendra malade. C'est un peu idiot car j'en achète et en cuisine pour les enfants... (hou la mère indigne!!) j'en épluche aussi des tonnes pour des tartines au beurre salé gourmandes (ce qui en dégoûte plus d'un aussi!)

Les huitres, c'est aussi la spécialité du coin... finalement des gambas grillées c'est bien la seule chose que je trouve alléchante (comment ça j'ai des goûts de luxe?!). Heureusement que ma conscience citoyenne et les pêcheurs locaux qui vendent le fruit de leur labeur en bord de mer, sitôt rentrés, me tentent régulièrement avec leurs solettes frétillantes.

 

Les fruits de mer sont au menu chez DameVivie, Ptisa, MHF, Wondermômes

Sous les galets
Sous les galets
Sous les galets

La semaine dernière nous évoquions les réseaux sociaux et la semaine prochaine prochaine, il y aura un point tourisme avec le site/ le paysage/ le musée à ne surtout pas louper près de chez vous.

En attendant on peut se retrouver sur Facebook !

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Réseau social et/ou asocial

6 Juin 2016, 04:00am

Publié par Alice

Réseau social et/ou asocial

Ce n'est certainement pas le moment le plus serein pour écrire ce post à propos des réseaux sociaux, tant je suis choquée par le contre-groupe haineux créé en réponse aux actions de l'Association dont je suis adhérente. Bref.

Instagram, toujours, parce que l'appareil photo de mon téléphone est le prolongement de mon bras. Snapchat? un tout petit peu, mais plus pour regarder que pour publier. Twitter? disons que c'est l'Alice lectrice qui y trouve sa place.

Donc voilà. Je cogite et cogite depuis des jours à propos de mon rapport aux réseaux sociaux. Facebook en tête, bien sûr. Quel formidable moyen de communication lorsque l'on ne veut pas perdre le contact (je crée chaque année un groupe secret pour chaque promo de stagiaires afin de continuer à avoir de leurs nouvelles), j'y ai vendu des kilos de fringues, en ai acheté tout autant, j'ai retrouvé ma correspondante anglaise du lycée, ai ajouté des centaines de contacts pour en supprimer peut-être des dizaines.

TOUJOURS de la bienveillance dans les commentaires... je dissocie mon blog de mon profil personnel. Je n'ai pas le sentiment d'exposer la vie de mes proches, sans pour autant les cacher, je suis certaine de ne mettre personne en danger et de ne pas dévoiler leur intimité

A mesure qu'ils grandissent, j'esquisse de manière plus floue la personnalité des Blonds, me questionne tout autant mais sans les exposer dans leur identité. En revanche, quand je prends un peu de distance sur mes écrits, je vois que je me dévoile davantage, les méandres, virages que me font prendre la quarantaine ou certains engagements... J'écris autant avec mes tripes qu'avec mon coeur.

Et puis, régulièrement ce besoin de prendre de la distance, des publications moins régulières, l'envie d'ouvrir un livre plutôt que d'allumer l'ordi. Je ne sais pas où le grand wi-fi ou la rapide 4G me portent, mais je vois bien qu'il me faut me protéger, ne pas chercher à lire, observer ce qui me dérange, me révolte, me peine ou m'insupporte. Si je ne laisse pas (tous) les autres aller vers moi, il faut aussi que je m'interdise d'aller vers l'Autre, au risque d'être souvent choquée, bouleversée ou révoltée souvent vainement.

Et toi, alors, ton rapport aux réseaux sociaux? C'est chez MHF, tOrtue, SophieBazar, Swettylux,

Mumchouette, MamanCalimero, PhenomenedeMaud, DameVivie, PtisaZaza bien sur que ça se passe...

Si tu n'es pas contre, on peut se retrouver sur Facebook ou chez Zaza, et la semaine prochaine, menu d'été, coquillages et crustacés !

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Avec le cœur, avec la tête

5 Juin 2016, 19:43pm

Publié par Alice

 

Dimanche c'était la fête des mères et de l'amour, il en pleuvait...

Tant mieux, je n'imaginais pas que la semaine qui s'annonçait alors être éprouvante, allait nous mettre face à des choix de coeur face à des réponses financières, politiques ou racistes (voire fascistes).

 

Lundi j'ai découvert des photos souvenirs sur mon téléphone

Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête

Mardi le déluge qui s'est abattu sur la ville nous a poussés à trouver des solutions aussi extrêmes que les conditions de vie dans lesquelles ils vivaient.

C'était tendu, éprouvant : les politiques nous répondaient politique alors que nous questionnions l"humain".en eux. 

Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête

Mercredi, évidemment, cela a fait la Une du journal local, mais aussi des médias anglais. MSF est venu à grands renforts de tentes dignes de ce nom. Il a fallu tous les bras pour les monter, et distribuer le repas dans un froid polaire, en plein vent.

Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête

Jeudi et vendredi j'ai repris pieds dans ma vie confortable de Maman, même si les événements des derniers jours (à moins que cela ne soit la feuille d 'impôts à remplir et la révision du crédit maison?) m'ont collé une migraine fracassante.

C'était la kermesse de l'école et Ernest a mis tout son coeur à chanter.

Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête

Samedi, la gourmandise a eu raison de mon grand et le voilà patraque. En passant par la bibliothèque, une partie de foot avec mes tout nouveaux élèves s'est improvisée et il a fallu affronter les regards pas vraiment bienveillants.

A propos de malveillance, je suis sous le choc de commentaires haineux, de groupes FB d'une violence inouïe concernant nos actions. Il y aurait donc "nos SDF" qu'il faudrait sauver mais en laissant crever les autres, pire, il y aurait aussi des "bons migrants" (dont personne ne veut) et des "mauvais migrants" qui ne risquent pas la mort chez eux mais n'ont pas le droit de tenter leur chance là où il fait "meilleur vivre". Quand je réfléchis, je n'exclue pas ce que mon coeur me dicte, et j'espère que si un jour mes Blonds n'ont pas d'avenir en France, ils auront l'énergie et la force de tenter l'ailleurs.

Avec le cœur, avec la tête

Aujourd'hui la pression de cette rude semaine tombe, nous faisons une énorme grasse matinée avant de conduire Octave à son tournoir d'échecs.

Encore une coupe dont il est très fier, un classement "Roi d'or" qui l'empêche de concourir dans sa catégorie pour les prochains tournois (je n'ai pas tout compris mais lui oui et c'est l'essentiel).

Avec le cœur, avec la tête
Avec le cœur, avec la tête

On se retrouve demain lundi pour évoquer le thème des réseaux sociaux : accro ou méfiant? Facebook ou Instagram?

Et les autres participations sont ici

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Etre mère ne me suffit pas

30 Mai 2016, 04:40am

Publié par Alice

(Souvenir d'une escapade à Brighton)

(Souvenir d'une escapade à Brighton)

Comme j'ai aimé allaiter mes Blonds, comme j'ai adoré les garder près de moi un peu plus longtemps que la normale (4 mois après leur naissance environ), mais comme j'ai aimé reprendre le fil de ma vie de femme.

Je ne pense pas être une mauvaise mère, mais des meilleures mères, je suis certaine que beaucoup le sont plus que moi : plus patientes, plus joueuses, plus constantes...

Je travaille à temps plein, mon salaire est correct et j'ai la chance de pouvoir récupérer mes Blonds dès la sortie de l'école 4 jours sur 5. Je partage également leurs vacances en quasi totalité. Grâce à cela, j'ai le sentiment de profiter pleinement d'eux au quotidien, de les voir grandir jour après jour. Je n'éprouve aucune culpabilité, si ce n'est celle d'avoir envie de ne pas les avoir "sur le dos" chaque fois que je sors du boulot.

Si j'aime être mère, et que cet état m'emplit de bonheur et me définit - aussi -, j'ai besoin d'être autre chose, de réfléchir, concevoir, m'investir dans d'autres projets, et plus je les multiplie, plus je me sens vivante.

Et si le thème de ce lundi est un week-end de rêve, la première chose qui me vient à l'esprit c'est un moment à deux, L'Epoux et moi, à quelques kilomètres de la maison ou bien plus loin, comme ces escapades que nous nous offrons régulièrement dans de beaux hôtels ou de jolis lieux. Nous sentir libres d'être deux, amoureux... nous retrouver en dehors de toute contrainte.

 

Et chez vous, alors, il a quelle forme le week-end de rêve? A découvrir chez SwettyLux, La bon occaz, Wondermômes, tOrtue, MHF

Je vous rappelle les thèmes du mois de juin chez Zaza, chez vous et chez moi :

 

Le 6 : Et si on évoquait notre rapport aux réseaux sociaux : Instagram, Facebook, Snapchat, Twitter, méfiante, accro ou pas?

Le 13 : Coquillages et crustacés, ça vous parle?

Le 20 : Un petit point tourisme, quel est l'endroit à ne pas louper près de chez vous? quel est le spot touristique à voir absolument?

Le 27 : 6 mois après les résolutions de janvier, si on faisait un point?

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Et puis il a récité son premier poème

29 Mai 2016, 08:02am

Publié par Alice

En un éclair nous étions arrivés à la fin de la semaine. J'ai la sensation d'avoir traversé les jours debout, sans pause,

Les Blonds grandissent et, la casquette bien vissée sur la tête semble être l'incontournable de la saison estivale qui s'annonce, comme leur Papa en somme. C'est mieux que les nu-pieds - à talons - aux ongles vernis qu'Ernest rêve de porter.

Les jours de pluie nous ont permis d'abuser du sucre (et de l'huile de palme), et d'allumer un feu de cheminée pas vraiment nécessaire. Et puis le soleil est revenu, et alors que je savourais d'avance le plaisir de lire, seule après l'école, sur un banc en surveillant vaguement les Blonds au grand jardin d'enfants sur la plage, je me suis retrouvée accompagnée de la mamie d'un copain de l'un et la maman de l'autre (j'avais déjà évoqué mon côté associable par moments? mais c'est oublier que nous vivons en ville, dans une petite ville, et qu'on ne peut jamais être incognito).

Et puis il a récité son premier poème
Et puis il a récité son premier poème
Et puis il a récité son premier poème
Et puis il a récité son premier poème

J'ai retrouvé avec bonheur les talons d'été, et sans avoir mal aux pieds. 

J'ai donné deux cours de FLE (Français comme Langue Etrangère) aux migrants, pas vraiment satisfaite de la rigueur (jamais les mêmes "apprenants", pas du tout le même niveau, la difficulté d'assimiler et communiquer avec ceux qui ne parlent pas anglais non plus), même si mon public ne s'en plaint pas une seconde.

Mes macaronis bolognaise connaissent un succès sans égal auprès des sans-abris et j'adore les voir se régaler. Notre petit groupe des membres actifs de l'association commence à sacrément prendre goût aux apéros / repas / discussions à bâtons rompus.

Samedi j'ai joué au tennis puisque c'était la rencontre parents/enfants sur les cours et ensuite, je me suis laissée piéger pour un déménagement (avec Ernest comme aide). Inutile de vous dire qu'un apéro plus tard, le soir venu, je me suis écroulée.

Et puis il a récité son premier poème
Et puis il a récité son premier poème
Et puis il a récité son premier poème
Et puis il a récité son premier poème
Et puis il a récité son premier poème

Et aujourd'hui dimanche, c'est la fête des mères, je pense à toutes celles qui n'ont pas pu l'être, celles qui ne le sont plus, à celles qui n'ont plus leur maman et mes larmes ont coulé quand Ernest a récité son premier poème, avec son joli cadeau à la main...

Et puis il a récité son premier poème

Bon dimanche à tous et toutes,

Les autres participations sont ici et on se retrouve demain lundi pour un week-end de rêve.

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A la frontière

23 Mai 2016, 21:24pm

Publié par Alice

A la frontière

A la frontière de notre pays et de ma ville en particulier, il y a l'Angleterre, la quête absolue, la destination finale après un long, très long et excessivement périlleux périple pour nombre d'entre eux.

Eux, ce sont les sans-papiers. Ceux qui, au prix de mains déchirées par les barbelés, de jambes cassées, "au mieux", tentent de franchir les hautes grilles protégeant l'accès au ferry.

Eux, ce sont ceux qui, à Calais, à Dieppe ou ailleurs perdent parfois leur vie pour les franchir, ces frontières de notre pays.

A la frontière de notre légalité, il y a un problème de papiers. La liberté est relative, d'où que l'on vienne, qui que nous soyons. Certains fuient un pays en guerre, des tortures, espèrent se protéger pour ensuite mieux protéger ceux qu'ils aiment, à moins qu'ils espèrent tout simplement, et le prix à payer pour cette espérance, c'est l'illégalité, la prison, les conneries auxquelles l'exclusion les pousse, parfois. Il y a aussi et surtout le bannissement de notre société (celle des humains) et le regard débordant haine que certains leur jettent.

A la frontière de notre humanité, il y a ces conditions inhumaines dans lesquelles on les laisse survivre. Des températures polaires, une pluie battante, une hygiène d'une précarité dégradante, les laisser crever de faim. Rien. Voila ce qu'il peut rester de notre humanité. Au nom de quelle inhumanité, au nom de quelles peurs peut-on avoir abandonné lâchement tout sentiment de philanthropie? Eux n'ont pas besoin de porter l'étoile jaune pour être exclus, pour ressentir la haine qu'on leur porte, la peur et la menace qu'ils représentent... non, il suffit d'entendre leur langue différente, de voir la couleur de leur peau, plus foncée, peut-être, à moins qu'il ne s'agisse de ces fameux papiers qu'ils n'ont pas.

A la frontière de notre solidarité, il y a ces gens que je côtoie à présent, comme une famille humaine, qui, même si l'altruisme n'existe sûrement pas, ressentent suffisamment d'empathie pour voir en ces jeunes leurs propres enfants, leurs frères, qui, s'ils ne sont pas de sang, sont leurs frères humains.

Des jeunes oui, pour la plupart, à notre frontière, qui ne sont pas menacés de mort chez eux, mais rêvent simplement à un avenir : sortir d'un pays corrompu pour espérer travailler décemment, aider leurs parents à survivre certainement plus qu'à vivre. Est-ce mal? Il serait espagnol, américain ou antillais, on le trouverait courageux. Il est albanais, kurde, il devient gênant, sa misère et ses ambitions de vie meilleure nuiraient à notre vie en société, à notre bonheur. 400 000 personnes, qui, vous ne pensez pas, rêveraient de vivre en paix, dans notre normalité, chez elles, près de ceux qu'elles aiment : amis, parents, femmes et enfants ? si seulement si...

A la frontière de ma sensibilité, il y a moi, qui garde certaines nuits les yeux ouverts, bien au chaud sous ma couette, quand j'entends la pluie s'abattre sous mes velux, pour les imaginer dans leur campement de fortune, trempés, sans rechange, sans abri sec et chaud.

Il y a L'Epoux et moi, qui passons des heures derrière les fourneaux, apportant un peu de notre confort, en préparant un repas qui nous ferait tous saliver, il y a ces gâteaux préparés, ces bougies soufflées pour célébrer un anniversaire, ensemble.

Il y a cette humanité que j'aimerais réhabiliter, ces préjugés que je rêve de casser (au moins un peu), cette individualité que je tente de porter quand je m'adresse à chacun d'eux, en transmettant et partageant ma/nos cultures,

Il y a ces regards, ces "merci", cette oreille que je tente de leur prêter, vraiment, écoutant des récits de vie, de ces "enfants" trop vite grandis, pour lesquels j'ai envie de porter toute l'humanité de ceux qui ont oublié qui nous sommes et d'où nous venons, tous.

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La bienveillance d'une mère

23 Mai 2016, 09:43am

Publié par Alice

La bienveillance d'une mère

La semaine dernière, à trois reprises on m'a fait remarquer que je lui ressemble de plus en plus. En effet, lorsque, surprise par l'objectif d'un appareil photo qui n'est pas le mien, je me vois, je retrouve un certain regard, une expression du visage, un je-ne-sais-quoi qui me fait drôlement penser à ma mère.

Mais au-delà du visible, il y a ces valeurs morales qu'elle m'a transmises et c'est bien là le plus important : cette bienveillance envers ceux qu'elle aime, cette faculté de ne pas juger, d'aimer par-delà tout.

C'est ainsi que j'ai envie d'aimer mes enfants lorsqu'ils seront adultes aussi, lorsque leurs choix ne seront pas ceux que je comprends ou que j'aurais moi-même faits. Accompagner, même si les chemins qu'ils empruntent sont loins d'être ceux que l'on imaginait tracés pour eux, être là, malgré tout, toujours.

Chaque jour, j'ai la certitude d'être ce qu'elle a de plus précieux au monde, et ça, même si en effet, cela ne fait pas tout, la confiance en la vie, en l'amour que cela induit, m'a amenée plus sûrement vers la connaissance et la conscience du bonheur d'être là, entourée de ceux que j'aime, sur cette terre, et d'y trouver ma place.

 

Aujourd'hui donc, c'est Au secours je suis comme ma mère... ou pas 

La semaine prochaine, on évoquera le week-end de rêve, celui dont on se souvient avec nostalgie, celui dont on rêve.

Voici les thèmes du mois de juin :

Le 6 : Et si on évoquait notre rapport aux réseaux sociaux : Instagram, Facebook, Snapchat, Twitter, méfiante, accro ou pas?

Le 13 : Coquillages et crustacés, ça vous parle?

Le 20 : Un petit point tourisme, quel est l'endroit à ne pas louper près de chez vous? quel est le spot touristique à voir absolument?

Le 27 : 6 mois après les résolutions de janvier, si on faisait un point?

 

Et le groupe FB est ici

 

 

 

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D'un coup de pédales, la liberté

22 Mai 2016, 07:17am

Publié par Alice

Des kilomètres à vélo pour deux d'entre nous, du soleil mais aussi de gros orages ou des matinées très froides, c'est sûr, l'été n'était pas si loin cette semaine...

 

Dimanche j'ai admiré mon Octave maîtrisant de mieux en mieux, au fil des heures sa présence sur le vélo. Comme c'est chouette de le voir prendre confiance, mais surtout de l'observer prendre du plaisir, qu'il se sente libre sur sa bicyclette, qu'il veuille en faire encore et encore...

La balade était champêtre.

D'un coup de pédales, la liberté
D'un coup de pédales, la liberté
D'un coup de pédales, la liberté

Le début de semaine est plutôt studieux, mon Octave lit, j'achète les fournitures pour mes futurs élèves, "Hey Teacher !" comme ils m'appellent, ça me change des "Madame!" aux accents créoles.

Les beaux -parents me gâtent le temps d'un déjeuner, même si la chantilly sur la fraise, c'est vraiment aussi bon que déraisonnable.

D'un coup de pédales, la liberté
D'un coup de pédales, la liberté
D'un coup de pédales, la liberté

Un premier cours jeudi, un seul éléve, les autres s'étant défilés, le premier pas étant souvent le plus délicat, d'autant plus que tous veulent rejoindre l'Angleterre et n'ont pas pour ambition de demander l'asile en France.

Au moment de partir de la maison, je renverse malencontreusement un litre de café sur mes si jolis carnets, mes cours, mes polycopiés :/

J'apprécie tout de même ce cours particulier, et le soir venu, nous nous réunissons entre bénévoles dans un lieu plutôt magique (je vous conseille ces magnifiques gites sur vous passez dans le coin)

D'un coup de pédales, la liberté
D'un coup de pédales, la liberté

Vendredi, mon premier élève en a entraîné d'autres, quels beaux moments de partage que ces cours...

D'un coup de pédales, la liberté

Après le marché du matin, Ernest qui rechigne à aider parce que c'est lourd, Octave qui étudie l'anatomie du tourteau, c'est le Carnaval de la ville, alors qu'Octave participe à un énième tournoi d'échecs (encore petit poussin champion !), nous nous baladons à deux roues avec Ernest et j'en ai plein les pattes le soir venu.

D'un coup de pédales, la liberté
D'un coup de pédales, la liberté
D'un coup de pédales, la liberté

Il pleut, les enfants se chipotent, je suis de cuisine pour les sans-abris, la journée s'annonce longue !

Je vous souhaite un bon dimanche, les autres participations sont ici et demain lundi, on se retrouve autour du thème "Au secours ! je suis comme ma mère (ou pas) !"

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