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De l'autre côté du miroir d'Alice

Les 22 premiers bonheurs de 2015

22 Janvier 2015, 20:15pm

Publié par Alice

Ils sont partout. Il suffit d'ouvrir les yeux pour en dénicher un ou deux dès le petit matin. Y êtes-vous attentif vous?

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1/ Une stagiaire m'a appelée "Maman" ce matin. Il aurait fallu que j'accouche à 14 ans pour être sa mère. J'aurais pu être vexée (le coup de vieux bon sang) mais j'y vois une grande marque d'affection.

2/ Le ciel est sublime. Au lever et coucher. Soit le bleu devient rose, soit le soleil se couche énorme, pourpre.

3/ J'ai repris mon rythme d'hiver en m'endormant au moins deux soirs par semaine avant 22 heures et en ouvrant la paupière à 6heures, très en forme. C'est bon.

4/ J'ai reçu une nouvelle sélection Elle et c'est toujours un beau cadeau en ouvrant ma boîte aux lettres : L'homme de la montagne J. MAYNARD - Derrière la grille M. JULIEN - Vongozero Y. VAGNER

5/ J'ai terminé ce soir mes gros soins dentaires ou plutôt gingivaux. Ouf ! Prochaine visite de contrôle pour un détartrage dans 6 mois.

6/ Les Blonds rient ensemble. Beaucoup. 

7/ Je retrouve mes CD que j'écoute avec nostalgie et plaisir.

8/ J'ai encore vidé Monoprix. Des soldes à moins 70% avec 10% supplémentaires hier, comment résister?

9/ Avoir vraiment envie de mettre de l'argent de côté pour faire une salle de bains jolie et pratique avec deux vasques et une douche italienne. On manque singulièrement de place aux heures de pointe du soir.

10/ Recevoir et entendre des remerciements très touchants suite à l'envoi de nos cartes de voeux.

11/ Programmer un coiffeur demain après-midi et envisager de renouer avec la frange longue.

12/ Cela a été médiatisé, public : Monsieur Manuel Valls aurait arbitré avec la ministre de l'Outremer la décision concernant notre établissement. Ils trouvent les moyens d'un financement pour que l'Institut soit pérennisé. On y croirait presque pas tant c'est ... incroyable. Voilà le mot est lâché. 

13/ Samedi on fête les premiers 40 ans de notre série (ma belle belle soeur, L'Epoux et son jumeau, et moi en août). C'est chouette d'être unis dans le changement de chiffres.

14/ Samedi aussi j'ai rendez-vous à la bibliothèque pour un nouvel échange de titres et lectures autour d'un thé.

15/ Ernest a eu un accident (pipi) cette nuit, je l'ai changé et glissé dans notre lit. C'était rudement bon de le sentir tout près de moi. Mais Chut.

16/ Une bonne crise de rire par jour, si l'on excepte le 7 janvier et quelques suivants. Mes stagiaires me font beaucoup rire. Leur spontanéité et les anecdotes qu'ils vivent et qu'ils partagent en cours m'amusent follement. Nous sommes très complices.

17/ J'ai la Saint Valentin en ligne de mire et des idées de cadeaux ! miracle !

18/ Je suis en train de craquer pour un manteau en fausse peau (il fait froid, ça vaut comme excuse), alors que L'Epoux m'a offert une chouette doudoune Esprit à Noël. 

19/ J'ai des envies culinaires de dîner salé (donc sans viande) et bien sûr de "fait maison" rapide. Quiche avec poireaux, lasagnes de légumes, purées diverses, soupes.  A vos recettes les filles !

20/ J'ai repris mes habitudes de petit resto du midi avec Ma Maman et j'adore ce moment privilégié où je ne me la fais pas chiper par un de mes Blonds!

21/ Ce blog. Toujours. Vos mots, nos échanges. Les découvertes de vos univers. Merci.

22/ Aucun microbe n'est venu envahir la maison, les enfants sont complètement épargnés cette année. Pourtant on ne serait pas contre un ou deux jours "enfant malade".


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Le poulet du dimanche au caramiel

21 Janvier 2015, 05:00am

Publié par Alice

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Attention attention ! Pour que je partage ici une recette salée, c'est qu'elle a fait l'unanimité à la maison.

Il s'agit donc de poulet (la viande que j'adore) et de goût sucré (ce qu'ils adorent) à base de caramel et de miel d'oùl le mot valise "caramiel".

Alors j'ai donc acheté un beau poulet sur le marché, auquel j'ai ajouté deux blancs (Octave qui adorait les pattes ne peut plus les dévorer puisqu'il n'a plus de dents devant, donc on s'adapte).

J'ai nappé ma casserole en fonte d'huile d'olive, ajouté une noix de beurre et fait revenir mon poulet dedans afin qu'il dore. J'ai ajouté des oignons émincés. La prochaine fois que gratterai une gousse d'ail dans le fond du plat.

Pendant ce temps, j'ai préparé un caramel en faisant fondre et cuire à feu moyen des morceaux de sucre et de l'eau, jusqu'à temps que la préparation se teinte. J'ai versé mon caramel sur mon poulet en ajoutant du sel, poivre et basilic.

J'ai fait fondre 3 cuillères à soupe de miel avec un bouillon de légumes  et un peu d'eau (mais on peut ajouter du bouillon de poule aussi) afin de créer un fond de sauce au fond du faitout.

J'ai épluché et coupé assez grossièrement des pommes de terre que j'ai glissé dans le fond du plat, pour qu'elles cuisent dans la sauce. Une fois le couvercle fermé, j'ai glissé au four une bonne heure en arrosant avec le jus le poulet régulièrement   (ajoutez de l'eau vous vous apercevez que les pommes de terre ne pourront pas cuire).

Le poulet qui a cuit à l'étuvé était hyper tendre et pas du tout sec, le goût était légèrement sucré. Un régal, vraiment, à partager un dimanche pourquoi pas avecc Anne-Laure T et son équipe de gourmandes.

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Les vertus de la carte de voeux

20 Janvier 2015, 06:11am

Publié par Alice

Les cartes de voeux sont toutes envoyées et à priori reçues. J'ai certainement oublié des personnes, d'ailleurs à l'heure où j'écris ces mots, je me dis "tiens j'aurais pu aussi lui envoyer à ..."

60 timbres collés et les cartes distribuées dans les boites aux lettres de mes voisins que nous saluons au quotidien, essentiellement des personnes âgées dont je ne connais souvent pas le nom de famille mais que les enfants embrassent, et avecc lesquelles ils se taquinent tous les matins ou tous les soirs.

Alors les cartes, certains diront que ça ne sert à rien, ce que la majorité doit penser d'ailleurs étant donné que plus personne n'en envoie, mais moi je crois et je suis certaine que si : c'est une manière de dire à ceux que l'on ne va pas voir tous les jours qu'on les porte dans notre coeur, qu'on leur souhaite de belles choses à l'occasion de cette nouvelle année, qu'on espère encore partager de beaux moments avec eux.

Et ceux que l'on aime moins mais qui font partie de nos proches, c'est une manière aussi de dépasser les agacements, les petites rancoeurs, montrer que finalement on est au-delà de tout cela.

C'est aussi une manière de créer du lien social : depuis samedi les voisins sonnent à  notre porte pour nous apporter des bonbons pour les garçons, des jouets retrouvés des petits enfants. On nous invite à partager un café.

Comme dirait ma copine '(Zaza) je crois que je vis encore au pays des Bisounours et j'assume assez bien.

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Et voici donc les photos quii accompagnaient les cartes envoyées cette année

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Celle qui apprend à dire plutôt qu'à écrire

19 Janvier 2015, 05:00am

Publié par Alice

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Dimanche soir. 22h11. J'écris ce post, très fatiguée et en pleine discussion avec notre amie commune Zaza sur messenger. Le thème est "le crayon". Ce billet achevé et prêt à être programmé, je m'aperçois que je devais évoquer le dessin. Je suis hors sujet ! Me voilà très embêtée surtout que je ne sais pas dessiner. J'aime lire les bande-dessinées, les mangas, les albums j'ai toujours aimé lire Charlie Hebdo; que dire d'autre à présent sans tout recommencer??

J'ai pourtant une anecdote à vous livrer avant de vous faire lire mon billet sur l'écriture : Petite, je devais avoir 8 ans environ,gardée par ma grand-tante, j'ai pris mon plus beau crayon de bois pour dessiner les maisons de ses voisins et sonner à leur porte pour, sans aucune gêne, leur vendre mon oeuvre. Dont j'étais fière bien sûr, fierté qui n'a pas été partagée par ma mère ni ma grand-tante et cet épisode a définitivement mis un terme à mes talents de dessinatrice.

Quant au crayon, longtemps j'ai pris la plume au lieu d'attraper mon téléphone, mon papier et mon crayon au lieu de mes jambes. J'ai dragué en écrivant des petits mots sur les cahiers d'écolier de mes voisins de classe, puis en tapotant sur mon clavier des heures durant. J'ai quitté aussi sur de belles feuilles blanches. J'ai raconté ma peine d'être quittée, blessée, trompée. J'ai avoué mon amour et espéré des réponses avec tant d'ardeur... J'ai souvent mis de l'espoir en chaque mot écrit.

Tout ce que j'ai pu écrire, je n'ai bien souvent jamais pu le dire. 

Aujourd'hui j'ai grandi et si il y a quelquechose que je m'applique à faire, c'est dire. Parler avant que ça gronde et que la colère/le chagrin/la déception dénaturent les mots. Je n'y arrive pas à tous les coups, loin de là. Mais, c'est sans doute l'indice le plus flagrant qui me fait dire que j'ai trouvé l'Homme de ma vie : avec L'Epoux, je dis vite, sans m'énerver (enfin j'y travaille). On verbalise. Beaucoup même si jamais un jour ne passe sans qu'un petit mot (doux) manuscrit ou sur clavier soit échangé.

Au quotidien ce sont les cartes de voeux qui viennent de partir, écrites à la main, mais ce sont surtout tous les cours que je rédige, les corrections que j'effectue, les textes que j'annote. Je choisis avec soin mes stylos, j'ai mes marques préférées, mes couleurs fétiches. J'ai une passion pour les brouillons, j'interdis à mes stagiaires d'effacer et les supplie d'écrire encore et encore en raturant.

Il y a aussi le cahier que je remplis très irrégulièrement pour chacun de mes Blonds, celui qui récapitule mes avis de lectrice. Il faut que j'écrive, souvent, comme d'autres ont besoin de téléphoner, de parler, de courir... 

Et toi alors, le crayon DESSIN?  Zaza et moi avons décidé à notre manière de rendre hommage aux victimes des tragiques disparitions liées à l'attentat qui a pris pour cible Charlie Hebdo. Le thème est donc LE DESSIN. Que ce soit le vôtre, celui de vos enfants, celui que vous trouvez dans la presse (satirique ou pas). Qu'est-ce que cela évoque pour vous?

Anyuka nous offre un coming-out artistique épatant : elle dessine à merveille !

Zoup nous raconte que le dessin et sa famille, c'est une longue histoire familiale (belge).

MHF, à Naples le 7, a gardé ses cartes pour y dessiner la liberté. La symbolique est belle.

tOrtue nous montre le Petit Prince mais bien plus encore, car elle partage ses créations, et quel talent !

Despe nous parle dessin, son Mickey mais aussi les chefs d'oeuvre de Petit Monsieur qui semble rudement doué.

Genevieve T, avec l'art du dessin, nous offre une belle leçon de vie et d'optimisme en se projetant dans 20 ans, en maison de retraite, à dessiner des nus!

Maud dessine peu, contrairement à ses deux "grands", mais prend du plaisir aux Mandalas qu'elle crée, aux côtés de ses enfants.

Swettylux a un homme qui dessine, mais elle colorie de jolis dessins pour la détente.

Valérie de Wondermômes dessinait mais aujourd'hui ce sont plutôt les Wondermômes qui dessinent au gré de leurs humeurs et envies

Virginie B a trois artistes en herbe sous son toit, les dessins sont un réel moyen d'expression pour ses enfants.

MamieVlin a été une petite dessinatrice et les enfants suivent son chemin, même si la peinture chatouille ;)

Nane a des artistes sous son toit, et ce lundi est l'occasion d'écrire un beau billet sur ce que représente le dessin.

Pilisi ne dessine pas mais c'est son conjoint qui a un joli coup de crayon qu'il ignore !

Cha dessine au quotidien, à la maison ou à l'école. C'est donc tout naturellement que son gigot a fait un très beau bonhomme !

Pour Arlette, ce lundi es tl'occasion de reprendre la plume et dessiner un symbole de liberté.

Avec Zaza la semaine dernière nous avons évoqué les tradtions, et la semaine prochaine il sera question de siestes ! Les jours sans lumière commencent à avoir raison des énergies, sans parler des microbes et on apprécie tous le repos ! Alors chez vous, c'est sieste tous les jours? 10 minutes ou format XXL? le week-end seulement? Ou jamais? Silence total ou télé en bruit de fond?

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La semaine de peu de mots

18 Janvier 2015, 11:02am

Publié par Alice

Seulement 8 jours depuis la reprise? Incroyable... Les mauvaises et les bonnes nouvelles se sont entremêlées chaque jour de la semaine.

 

Lundi 12 janvier. Il y a de la lumière ! J'aime ! Pourtant je cours chez le médecin pour une inflammation dûe à ma dernière séance dentiste. Zut alors. Ca commence mal !

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Mardi 13. Nous sortons entre parents, les Blonds sont évidemment ravis d'avoir Papi/Mamie pour baby-sitters.

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Mercredi 14. Un gros orage de grêle, il fait nuit dans mon bureau. Où est Charlie? c'est bien la question qui semble agiter les citoyens. Entendre un papi de 80 ans demander si le buraliste avait un Charlie pour lui ne manquait pas de saveur (il était 256 sur liste d'attente). J'ai aimé voir tant de personnes d'âges et de catégories socio-porfessionnelles ouvrir le même journal pour la première fois.

Je pense que je n'aurai pas ce Charlie-ci, mais nous continuerons à le lire régulièrement, comme avant.

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Jeudi 15. La lettre d'Elsa Wolinski à son Papa qu'il faut lire. Bouleversante. Le soir il est aussi question de l'acte d'écrire à la maison.

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Vendredi 16. La Yote nous fait des siennes et on ne comprend pas les humeurs de Mâdame la Duchesse qui crotte à droite à gauche. Maintenant qu'Ernest a cessé ses rebellions-pipi-culotte, ce serait bien que la Chatte ne prenne pas le relais.

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Samedi 17. Mais quelle lumière ! Tennis pour lui, copies pour moi une bonne partie de la journée. Fête tardive pour voir 20 bougies soufflées. La journée est belle.

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Dimanche 18. Popote familiale, les yeux tirés. On tente une variation de gâteau aux pommes et mascarpone, et aussi un poulet caramel/miel. La maison semble aromatisée.

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Les autres participations chez VirginieB.

On se retrouve demain lundi autour du crayon, du dessin, de l'écriture, chez Zaza et ici.

Je vous souhaite uen excellente semaine.

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Le village, Dan Smith : le polar efficace

17 Janvier 2015, 08:00am

Publié par Alice

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Quatrième de couverture

Sur la piste d'un tueur en série dans la Russie de Staline.

Hiver 1930. Vyriv, un petit village isolé de l'ouest de l'Ukraine. Dans la steppe enneigée, Luka, vétéran de la guerre de Crimée, recueille un homme inconscient. Dans son traîneau, deux corps d'enfants atrocement mutilés. Lorsque Luka revient au village, les habitants s'affolent. Avec l'arrivée au pouvoir de Staline, la paranoïa règne. Dans cette petite communauté jusqu'ici préservée, tout le monde craint l'arrivée de l'Armée rouge et des activistes. La venue de cet étranger n'annonce-t-elle pas un péril plus grave encore ? Luka n'aurait-il pas fait entrer un monstre dans le village, un assassin d'enfants, l'incarnation du mal ? Quand une fillette du village disparaît, Luka promet solennellement de la retrouver. À travers les étendues gelées de cette région hostile déchirée par la guerre et la brutalité, où la survie est un souci de chaque instant, il se lance alors à la poursuite d'un prédateur particulièrement retors.

Un héros d'une humanité rare, un sens du réalisme et de l'authenticité quasi documentaire, une traque impitoyable dans des conditions extrêmes, avec Le Village, Dan Smith nous entraîne au cœur des ténèbres de l'âme humaine. Dressant un portrait aussi juste qu'effrayant des débuts du stalinisme, il atteint avec une force d'émotion et une tension permanentes une maîtrise romanesque qui fait de ce thriller inouï, déjà salué par une critique unanime, un classique immédiat.

 

Voilà pourquoi j'ai aimé :

Le village est un polar humain, où les sentiments et la psychologie se font la part belle. Les actions des personnages et en particulier du père de famille, ancien soldat, vétéran de la guerre de Crimée, parti à la recherche de sa nièce enlevée, sont précédées de moments d'introspection, de prise de conscience.

Dans cet univers, le climat et les menaces ennemies sont au coeur de la vie du village et des habitants, Luka évalue l'humanité de ses actions et celles de ses concitoyens avant de céder aux excès de la peur. Y aurait-il des meurtres et des atrocités plus légitimes parce qu'elles se font sous couvert de la guerre et d'un enrôlement? Qu'est-ce qui est juste? humain? Au nom de quoi peut-on décider de la vie ou de la mort d'autrui? 

Ce thriller n'est pas de ceux qu'on lâche facilement. L'action est réduite à l'essentiel : une marche à travers le paysage gelé, enneigé, à la poursuite d'une ennemi quasi invisible. Il n'est pas question de vie mais de survie, l'intrigue est sans fioritures, brute, à l'image des conditions dans lesquelles évoluent les protagonistes.

L'angoisse monte à mesure que le contexte historique est mis en place : la menace de l'invasion de l'Armée rouge, et des atrocités que leur arrivée génère. On pourrait penser que Le village est à mi-chemin entre le document et la fiction.

On ferme ce livre glacé par l'horreur, par cette vie où l'on imagine le froid qui s'engouffre entre chaque page, où l'on reste dans la perplexité de ces idéaux Staliniens qui menaient à la mort certaine ceux qui n'avaient déjà rien.

 

Je participe avec ce billet au Samedi lecture de VirginieB

Lu dans le cadre du Prix des lectrices Elle 2015

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Fils de prof, une chance?

14 Janvier 2015, 21:11pm

Publié par Alice

Voilà maintenant 4 mois que je suis maman d'un petit écolier en CP et je me découvre dans mon rôle d'aide aux devoirs.

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Cette année je récupère les Blonds à 16H30 tous les jours, donc je suis quasiment au quotidien le cahier du jour. En général, il y a une petite page de lecture et un exercice assez ludique inventé par le Maître (reliez les noms aux déterminants, des affirmations vraies ou fausses au choix, entourez les 10 boissons parmi une liste de 20 mots...). Ou encore la récitation, mais il n'y en a eu qu'une (heureusement).

Les premières séances de lecture ont vite dégénéré. Bon, faut dire que je ne suis pas très zen malgré les apparences, et puis aussi ma maman avait eu la bonne idée de lui raconter que je savais lire avant même d'entrer en CP. Premiers devoirs, premiers règlements de compte :

- Oui mais toi t'es prof ! et puis toi tu savais déjà lire avant alors tu peux pas comprendre"

(C'est surtout que je suis trop vieille pour m'en souvenir Chéri...)

 A l'inverse de ce que pourrait laisser supposer mon statut professionnel, je ne suis pas super rigoureuse : accompagner, guider, écouter, aider, suivre pas à pas, c'est mon quotidien et j'ai du mal à m'y remettre en arrivant à la maison. Et puis, je suis impatiente, cela ne semble d'ailleurs pas s'arranger avec l'âge...

Si les premières semaines je l'écoutais d'une oreille distraite, j'ai progressé. Désormais, je suis attentive et le regarde surtout lire car j'ai repéré son manège (il lit les deux premières lettres et lit à l'instinct - donc au hasard même si cela n'a aucun sens).

Autre erreur de débutante : je ne vérifie jamais son cartable. Je devrais. J'ai retrouvé les bulletins de vote cachetés des élections de parents délégués, les factures de cantine mêlées aux bons points et aux dessins. Je me suis aussi aperçue qu'il n'avait plus de feutres pour écrire sur son ardoise, qu'il manquait la moitié du matos dans la trousse et que la ventoline flirtait avec les Stabilo. 

Je n'ose même pas revenir sur l'épisode de la récitation où j'ai fui lâchement au premier cri en partant à la supérette. En rentrant et en entendant les hurlements depuis le jardin, je lui ai imposé de refermer son cahier, qu'il verrait le lendemain avec son maître, lorsque celui-ci lui demanderait de réciter au tableau, comme ses autres camarades et qu'il aurait un joli C. Etant donné que cet argument n'a pas fonctionné, j'ai laissé passer le dîner/la douche/ l'histoire pour lui souffler au moment du câlin que j'avais légèrement honte d'avoir un fils un peu flemmard qui préférait avoir un C que travailler et mémoriser 4 lignes, devenant ainsi l'un des derniers de la classe. Mais que je l'aimerais quoiqu'il arrive.

BINGO !

Comme L'Epoux et moi avions bien retenu ces fameux quatre vers, nous avons plié l'affaire en 5 minutes, récitant en chantant à tue-tête à trois.

Stratagème un peu grossier mais efficace. 

J'ai une grande confiance en l'Education Nationale et en les enseignants de mes fils, alors, contrairement à L'Epoux qui insiste, fait écrire.. moi je laisse la main et ça fait du bien.

Evidemment je ne suis pas dupe, ça va se corser quand il y aura deux cahiers du jours à gérer, mais ça va aussi se compliquer lorsque mes Blonds vont grandir, quand les mathématiques et les divisions à virgules feront leur apparition, ou pire quand la géométrie et la physique seront à l'ordre du jour, heu du soir...

Voilà, prof ou pas, y'a pas de parents parfaits et je fais surtout ce que je peux, pas forcément ce que je veux.

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Et il s'en souviendra

13 Janvier 2015, 09:15am

Publié par Alice

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On en a beaucoup parlé, parce que la maison est restée allumée sur Inter depuis mercredi. J'ai expliqué, répondu aux questions.

Dimanche matin Octave a aussi sorti ses crayons pour écrire. Il s'est appliqué, raturant même. 

- C'est quoi Octave la tache là? tu as fait une faute?

- Non c'est un point d'exclamation car je suis en colère.

Nous avons pris les patinettes pour rejoindre la foule assemblée sur la place au bout de la rue piétonne. Nous avons rencontré beaucoup de connaissances. A peine arrivés, une dame me demande si elle peut photographier les enfants. J'accepte. Il s'agit de la presse régionale.

Octave me dit : "J'aurais du marquer mon nom aussi, les Mamies elles ne vont pas me reconnaitre sinon. On va me voir dans le monde entier tu crois?"

Nous défilons, assez silencieusement. Ernest clôt l'immense cortège, refusant de marcher au milieu de la route, cherchant les trottoirs. Une voiture de police nous suit de près et lui fait signe d'avancer. Il traîne la patte pour ne pas obéir, fidèle à lui-même et à son esprit contestataire.

Je souris intérieurement. La relève est assurée entre mon petit rebelle et mon intellectuel.

C'est la fin du rassemblement. Octave me demande : "Dis, Maman, il n'y a plus de journaux alors? est-ce qu'ils les ont tous brûlés aussi?" Non, car nous irons  ensemble mercredi, main dans la main, pour aller chercher le Charlie Hebdo que j'ai fait mettre de côté, comme le préconise Marcel Rufo, avant de nous réabonner.

Les Blonds étaient le lendemain dans le journal, numérique et papier. Assurément, mon Octave se souviendra de ce moment, de ce pourquoi il a marché, un jour, pour l'avenir de son pays.

 

 

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Les traditions de janvier

12 Janvier 2015, 05:00am

Publié par Alice

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Aujourd'hui il est question de traditions du mois de janvier : Epiphanie et galette des Rois pour les chrétiens et/ou gourmands, les étrennes (pour les plus riches! ou chanceux!), les cartes de voeux manuscrites? les trois à la fois? ou une tradition familiale? locale?

 

Depuis que je suis maman, j'envoie des photos/cartes de voeux. Une chouette manière de voir grandir mes Blonds, année après année, sur le frigo ou dans l'entrée des amis ou des taties. 

L'an passé j'avais déjà évoqué cette traditionLeur préparation génère quelques angoisses pour la perfectionniste qui sommeille en moi. Cette année comme tous les ans je mitraille, peste parce que l'un est plus photogénique que l'autre, parce qu'il y en a un qui en a assez et se fait la malle, parce que mon appareil est lent, parce que l'affiche n'est pas droite, la lumière est pourrie (quelle idée de souhaiter les voeux en janvier !)

Je prends donc beaucoup de clichés et en retiens plusieurs pour envoyer souvent deux photos avec ma petite carte manuscrite et personnalisée.

Je tente de n'oublier personne, tous les voisins (et surtout voisines) du quartier, les plus âgés y sont si sensibles ; les Blonds sont affichés dans leur salon parmi les portraits de famille! la famille éloignée (et sympathique), les amis, les "dames de la crèche", les copines de blog qui n'oublient jamais de m'envoyer une petite carte aussi... une soixantaine, soixante-dix parce que j'en ajoute toujours au dernier moment.

A l'occasion de nos lundis, en exclusivité (elles ne sont pas encore envoyées) je vous dévoile un des clichés que je n'ai pas retenu pour célébrer 2015. Une utlime manière de vous souhaiter à tous et à toutes que cette année soit celle de la liberté, de la paix, de la solidarité, de la citoyenneté mais aussi bien sûr de l'amour!

(Je vous invite à écouter/regarder la chronique du vendredi du génial François Morel sur France Inter dédiée aux victimes du 7 janvier)

Chez Catherine, la séance photo/carte de voeux est aussi une tradition.

Pour tOrtue ce sont les rois qui sont tirés et aussi de belles cartes de voeux brodées !

MHF déguste aussi des galettes, même quand ce n'est plsu la saison, mais c'est aussi la passion et le plaisir de créer, envoyer et recevoir de belles cartes.

Zoup prolonge en famille les fêtes de fin d'année en dégustant une galette parsemée de bougies d'anniversaire.

Swettylux (mais surtout loulou) adore les galettes !

AnneSoA Bullabébé profite encore des chocolats mais savoure surtout les galettes maison.

Pilisi a dégusté la galette et a été reine !

Laetibidule dès le 1er janvier allume les bougies pour souhaiter bon anniversaire à sa Mam'Zelle.

Labonoccaz ne respecte pas toutes les traditions de son enfance mais la galette est l'occasion de se réunir en famille.

Cha nous raconte de très belles traditions familiales.

Nane envoie des cartes electroniques et relit un album du Père Castor

Valérie de Wondermômes perpétue la tradition de la galette avec une "machine à trouver les fèves"

Zaza, les enfants et Zozo vont respirer l'air iodé chaque premier janvier.

MamieVlin partage une recette de galette elle-même couronnée et citronnée, et évoque les cartes de voeux

Despe a des traditions gourmandes et familiales.

Chez Arlette la tradition couronne de bien jolis rois et de bien belles reines



La semaine dernière nous avons été nombreuses à prendre des bonnes résolutions, on fera le point fin 2015 pour savoir si on a rempli nos objectifs?!

Et la semaine prochaine, Zaza et moi avons décidé à notre manière de rendre hommage aux victimes des tragiques disparitions liées à l'attentat qui a pris pour cible Charlie Hebdo. Le thème sera donc LE DESSIN. Que ce soit le vôtre, celui de vos enfants, celui que vous trouvez dans la presse (satirique ou pas). Qu'est-ce que cela évoque pour vous?


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La semaine assassinée

11 Janvier 2015, 11:00am

Publié par Alice

Comme vous tous et vous toutes, j'ai vécu cette semaine sidérée. Il y a eu l'avant 7 janvier. Il y aura l'après. J'ai vécu avec et nous devrons vivre avec en nous souvenant et en réfléchissant collectivement au "Vivre ensemble".

A l'image des témoignages que l'on peut lire ici et là, la réaction des jeunes que j'ai en face de moi au quotidien n'a pas été celle que j'attendais. Leur implication, leur révolte ? je les cherche encore. Je généralise mais les citoyens qui avaient conscience de l'être ne faisaient pas l'unanimité. C'est donc le coeur lourd que j'ai traversé la fin de semaine.

Dimanche 4 janvier. Le bain de la reprise. Des fous rires et des cris, des jeux et des disputes.

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Lundi 5 janvier. C'est le soir de la première poésie. Je prépare une pâte brisée, sors les ingrédients pour cuisiner ma quiche et la pénurie d'oeufs me sauve des hurlements. Je file à l'épicerie, flânant sous un froid polaire.

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Mardi 6 janvier.  Que les réveils sont difficiles ! Mes rois me semblent déjà épuisés. J'ai un rhume énorme (qui n'a toujours pas l'air décidé de me quitter aujourd'hui, dimanche).

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Mercredi 7 janvier. Le jour où.

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Jeudi 8 janvier. Rendez-vous médical de contrôle pour Octave, L'Epoux et moi, l'occasion d'avoir de grandes discussions en voiture durant le trajet. 

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Vendredi 9 janvier. Je ne vois plus la lumière. Je ne parviens pas à faire cours, je suis en apnée physique et morale.  Mes stagiaires rivés à leur téléphone pour suivre les événements : l'immédiateté sans analyse me met en colère. Dans une colère noire.

Un avant-dernier "rendez-vous dents" me laisse des points de suture dans la gencive. Décidément ! Le nez, la bouche et une berluque dans l'oeil qui me fait pleurer tout la journée, j'ai une mine affreuse, à l'intérieur et à l'extérieur.

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Samedi 10 janvier. Passer un moment avec mon amie, profiter d'un long trajet en voiture pour discuter à bâtons rompus m'a fait un bien formidable. J'ai un peu dévalisé Ikéa, rendu plus cosy mon salon. Je cherche d'ailleurs des petites et grandes maisons photophores comme celle-ci pour meubler ma cheminée, si vous avez des plans, je prends !

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Dimanche 11 janvier. On y était. Nous étions très nombreux. Tous. Retrouver des amis, de la famille, des copains d'école, de boulot. Ensemble. Pour dénoncer leur mort et tout ce qu'elle véhicule. Se recueillir pour toutes les victimes.

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N'oublions jamais... que la semaine prochaine et les suivantes, que les rassemblements, marches citoyennes et lueurs que nous voyons ici et là nous redonnent à tous, citoyens de France ou du monde, l'énergie de retrouver de l'espoir.

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