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De l'autre côté du miroir d'Alice

Devenir frère

11 Septembre 2013, 19:30pm

Publié par Alice

frere.jpg

 

Quand on a pensé agrandir la famille, nous n'avons pas anticipé la réflexion sur ce qu'impliquait le fait de devenir "frère de".

Pour l'aîné, il a fallu partager ses parents, ne plus être le centre de l'attention familiale, il a fallu faire avec les cris du petit, le silence imposé par moments, l'inquiétude des parents quand Ernest a été malade. Jamais pendant de longs mois il n'a manifesté son agacement. Toujours curieux, intéressé, intrigué par ce "ti frère", les choses se sont corsées récemment. Le bébé est devenu un autre petit garçon. Qui parle. Qui marche. Qui dit non. Qui balance des prunes quand il se sent agressé. Qui pique les jouets. Qui veut les mêmes. Qui réclame à grands cris une forme d'égalité.

Et là il a fallu l'observer ce grand pour comprendre qu'il n'a pas été habitué à partager le silence, la tranquilité, les cris, les parents, la couverture et le biberon du matin, les grands-parents. Et même s'il est tour à tour très amusé par son clown de frère, ému par ses premiers mots calqués sur les siens, valorisé par sa supériorité de grand-frère qui lui permet de montrer "comment on fait", on a tendance à oublier que notre Grand grandit aussi et doit se repositionner au sein de la fratrie tout en apprenant qui il est...

...Et ce qu'il est est à l'opposé de ce petit frère bruyant, tonique, taquin, sportif, colérique qui prend beaucoup de place, et quelquefois la sienne de place...

Pourtant, depuis une poignée de jours, je sens s'amorcer un frémissement nouveau dans leurs relations : une forme d'égalité dans la manière dont on s'adresse à eux, nos deux enfants. Il n'y a plus un bébé et un petit garçon, mais bien deux petits garçons. J'édicte des règles communes (s'arrêter au bout de la rue, passage piéton, regarder à droite et à gauche, attendre Maman, tenter de bien se tenir à table sans chanter/cracher, utiliser ses couverts...), nous punissons l'un et l'autre pour les mêmes raisons bien souvent, nous isolons. Et, partager les mêmes galères, forcément, ça soude !

Je m'efforce à présent de prendre du recul, de me souvenir de la colère, l'exaspération et la jalousie que j'ai bien souvent éprouvées envers mon frère, plus jeune de 4 ans. A quel point nous pouvions nous engueuler et nous pourrir la vie (mais aussi surtout celle de ma mère), pourtant, nous avons traversé des moments vraiment moches ensemble et nous avons toujours su être protecteurs l'un envers l'autre.

Aujourd'hui encore, j'aime mon petit frère avec autant de lucidité (donc d'agacement) que de force, et je n'imagine pas une minute ma vie sans lui. Mon Octave, si tu savais à quel point je compatis alors, avec tendresse.

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Laurence (Lolotte) 15/09/2013 14:11


Deux soeurs de Madeleine Chapsal, pas gai mais très beau et cela confirme que tout se joue pendant le plus tendre enfance. J'en reparle bien vite. 

Laurence (Lolotte) 13/09/2013 17:47


C'est un très beau billet que tu as écrit là Alice. C'est amusant car je suis en train d'écouter un livre de Madeleine Chapsal sur deux soeurs et les relations y sont très bien décrites.

Alice 14/09/2013 21:02



Merci beaucoup Laurence, c'est un billet qui me tenait vraiment à coeur.


Quel est le titre de ton livre?



Eve 12/09/2013 17:48


Très bel artcile. Pas toujours évident de cerner tout ça chez les enfants, jalousie ? amour ? 
J'étais comme toi avec ma soeur, on s'enguelait toujours, on a mis du temps à se rapprocher..18 ans je crois. PAs facile


Bisous 

Alice 14/09/2013 21:06



Oui, malgré les liens du sang la fraternité (épanouie) n'est pas une évidence... il faut du temps pour lâcher prise dans la relation!


Nous avons vécu, enfin cohabité quand nous étions étudiants (les 2 premières années de mon frère) et ça a été l'horreur pour nous!



LMO 12/09/2013 09:06


Ha ça, ça n'est pas facile, je confirme! Ici aussi, deux soeurs, pourtant avec 9 ans d'écart, et mine de rien pas mal de rivalité, même si elles sont aussi très complices... :-)

Alice 14/09/2013 21:07



oui c'est pareil, c'est un peu amour/haine :)


Là ils dorment ensemble, je les entends au moment où j'écris et ils sont hilares



bertille 12/09/2013 08:47


Très bel article sur cette terrible complexité de la relation fraternelle !


J'y réfléchis beaucoup en ce moment, car avec un projet de n°2, je me demande comment on va gérer avec l'aîné ;)

Alice 14/09/2013 21:07



je me souviens aussi que je me demandais comment j'allais pouvoir aimer ce second aussi fort que le premier :)



Madamezazaofmars 12/09/2013 07:12


Je ne connais pas moi même les relations qui s'instaurent a travers une fratrie mais je les vois au jour le jour chez mes garçns, tres complices, et jeme demande comment les choses vont encore
évoluer avec l'arrivée du troisieme

Alice 14/09/2013 21:08



moi je crois qu'ils vont former une super fratrie et qu'ils ont vraiment du bol


si j'avais eu 10 ans de moins, j'en aurais bien fait un petit troiz' :)



Madame 11/09/2013 22:07


Je n'ai jamais éprouvé de jalousie pour ma seule et unique petite soeur, de 4 ans ma cadette. En revanche l'arrivée de mon fils a été un tel bouleversement émotionnel que je n'ai pas ressenti de
désir de deuxième enfant, et comme je suis contre le 'faut lui faire un petit frère' 'vous n'allez pas le laisser tout seul', j'attends que le désir d'enfant revienne


comme ca pas de jaloux, beaucoup d'amour et d'envie pour les deux dès le départ


je ne sais pas si ce que j'ai écrit à un sens mais je me comprends


En tout cas tes enfants paraissent très complices, deux anges blonds (du moins en photo ;) )


Bonne  soirée:)

Alice 14/09/2013 21:42



Je te comprends.


Ils sont complices mais pas facile de partager la vedette.


Moi j'aurais aimé avoir 3 ou 4 enfants mais je n'ai pas l'âge de me poser la question. En revanche, je crois que leur première année, si je m'étais écoutée j'en aurais fait un autre
immédiatement.