Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
De l'autre côté du miroir d'Alice

Claustria, de Régis JOFFRET

17 Octobre 2012, 18:35pm

Publié par Alice

DSCN0804-copie-1.JPG

 

Je crois avoir lu l'histoire la plus abjecte que je n'ai jamais lue. Un truc à te filer la nausée, à sauter des mots et des lignes pour ne pas visualiser.

Et pourtant ce roman énorme je ne l'ai pas fermé avant la fin. Malgré le dégoût, l'horreur, je m'en suis voulue d'avoir poursuivi la lecture comme si je me complaisais dans ce voyeurisme malsain. Alors je m'en voulais tous les soirs en l'ouvrant, mais pourtant je continuais.

Finalement  je ne sais qu'en penser, m'en voulant presque de l'avoir fini entièrement et d'en avoir supporté la lecture.

Ce roman relate ce qui m'est intolérable dans ce monde: inceste, viol, violence physiques et psychologiques au-delà de l'imaginable. Maltraitance, perversion. Tout ce que vous pouvez de plus horrible qu'un père est capable de faire est dans ce livre.

Ce qui accentue l'horreur également, c'est la qualité de l'écriture. Jamais de misérabilisme, juste une froide description des faits bruts. Pas de sentiments, juste des sensations : celles de la puanteur, de l'étouffement, de la violence des coups, des cranes heurtés contre les murs, des enfants frappés, violés, des privations en tous genres (nourriture, y compris sur des nourrissons, eau, électricité...). Le plaisir de soumettre, d'humilier de "chosifier".

En fait Régis Jauffret s'inspire d'une histoire vraie mais s'en défend en prologue. Donc il s'agirait d'un roman. Sauf qu'il est allé là bas en Autriche pour se documenter, sauf que quelque part, dans une moindre (ou pas) mesure, CA a existé. Et cela rend ce récit d'autant plus abominable. 

Ce roman me suivra toujours comme ce que je ne peux supporter. C'est mon livre à cauchemars. Je n'aurais peut-être pas du le finir, j'ai le sentiment d'aller au delà de ce que je pouvais tolérer intellectuellement et émotionnellement. Je pleure depuis quelques jours dès que j'accompagne mes enfants le matin à la crèche et école. Je les vois si vulnérables, si fragiles et petits.

Bref, je ne sais pas si je dois vous en conseiller la lecture. Une chose est certaine, ce roman m'a collé la plus grosse gifle de ma vie. La violence de sa lecture est à la mesure de la violence vécue par les protagonistes.

"Les enfants de la cave pourraient devenir les égéries d'une confrérie de psychanalystes qui enfermeraient leurs patients dans un cabinet noir pour faciliter l'expulsion de la scène primitive au cours de laquelle ils ont aperçu leur grand-père pénétrer leur maman pour fêter l'anniversaire de leur conception."

Commenter cet article

anyuka 19/10/2012 12:11


Idem, ce bouquin m'a tétanisée mais... je l'ai fini quand même !! et j'y pense encore.

Laurence 18/10/2012 17:49


Je vais souvre tes conseils ... ne pas le lire !!

Covima 18/10/2012 14:31


Merci de ton avis, il était sur ma liste, mais je ne pensais que c'était à ce point violent. Du coup je vais p-e remettre sa lecture à plus tard, autant il y a des films que je peux VOIR au
cinéma ou à la télé, autant en terme de lecture, les mots restent imprimés plus longtemps dans l'esprit et me marquent plus. Ton avis est fort, on sent la violence à travers tes émotions !

Anna Blume 18/10/2012 11:25


Je l'ai lu cet été. Je ne l'oubierai pas de sitôt non plus. De quoi se poser bcq de questions sur la nature humaine. Moi aussi, j'ai du stopper la lecture de temps en temps. Grrr ! J'ai en des
frissons dans le dos...

Ptisa 18/10/2012 09:49


c'est ce qui fait de nous des êtres humains, cette horreur que tu as ressenti, n'oublie pas ! Il y a un côté voyeur et malsain aussi. Je n'oublie jamais qu'un livre entre mes mains j'en fait ce
que j'en veux : je lis les pages que je veux, dans l'ordre que je veux et je peux aussi ne pas le lire, c'est ma liberté de lecteur.


Côté dégueulasse, je garde un souvenir vif de "je, François Villon" de Jean Teulé

chocoladdict 18/10/2012 09:22


je crois que je ne vais pas lire ce livre, j'ai déjà lu comme Océane Room qui "finit" mieux.. il m'arrive déjà de faire des cauchemars d'enlèvement de mon filston et je me réveille dans des
frayeurs impossibles..

Océane 17/10/2012 21:53


Je te snes émue encore et je partage ton émotion. J'ai lu Claustria cet été, quelques mois après avoir lu Room, de Emma Donaghue, qui parle aussi d'enferment, de viol. Et j'ai été aussi
malheureuse tout du long de mes lectures, pour les deux, mais au moins, celui de Emma Donaghue contenait uen sorte de lumière, celle de l' amour de la maman pour son petit garçon, tout ce qu'elle
afait pour les sauver, s'enfuir, et ensuite apprendre uen nouvelle vie.... Ce n'était pas les mêmes larmes que pour Claustria... Room est un livre positif, fort, uen vraie claque (et j'en ai
pleuré des rivières, comme dirait l'autre...), mais c'était uen émotion plus saine que pour Claustria... Je n'ose te conseiller d'enchainer dessus, ça fait beaucoup en termes émotifs, mais
honnêtement tu verras le miroir positif de Claustria.

Le journal de Chrys 17/10/2012 21:40


Comme toi, j'ai lu ce roman et je ne l'ai pas lâché!

Madamezazaofmars 17/10/2012 21:19


Rien que de te lire en parler, j' ai une boule d'angoisse dans le ventre