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De l'autre côté du miroir d'Alice

La réparation, de Colombe Schneck

28 Mai 2015, 20:25pm

Publié par Alice

La réparation, de Colombe Schneck

Quel récit !

Intime et universel, : il est question du passé familial de Colombe Schneck ( journaliste) hanté par la mort de ses aîeux, juifs. Quand sa fille, Salomé, naît, c'est le passé qui resurgit car Salomé c'est aussi le prénom de sa grand-tante morte enfant dans les camps.

J'ai parcouru ce livre, émue aux larmes à de multiples reprises.

 

Sans pudeur mais avec délicatesse, l'auteure s'interroge, elle et sa vie si "superficielle", où les loisirs et sentiments semblent bien dérisoires face à l'horreur physique et psychologique qu'a vécue sa famille juive, originaire de Lituanie.

A mesure que le passé se dévoile, le questionnement de Colombe Schneck devient plus existentiel, plus absolu.

Les générations se croisent, dans les silences, les non-dits mais aussi les confidences arrachées par bribes. De l'horreur de l'holocauste, il est des mots maladroits, des questionnements vains.

Comment se (re)construire quand on a survécu? Comment conserver la volonté de vivre comme un hommage à ceux qui ont péri?

Un récit bouleversant, magnifique, qui questionne sur la famille, la maternité et ce qu'elle entraine comme bouleversements affectifs dans son sillage, quand il est question de choix, de vie et survie.

 

"Je n'ai rien à faire en Lituanie, je n'ai aucun rapport avec la Lituanie, ce qui s'est passé là-bas. Ma fille Salomé s'allonge contre moi, je m'affole. C'est peut-être la dernière fois? Elle va mourir et je n'aurai pas d'autre choix de mourir aussi. Je l'étouffe de baisers. Elle croit que c'est un jeu, elle ne sait pas que je suis son bourreau et que je me maudis."

" Quand Salomé n'est pas la première à sortir de l'école, quand j'entre dans sa chambre pour un dernier baiser, j'ai toujours peur. Est-ce qu'il ne serait pas temps d'avoir un troisième enfant? Ce serait une raison supplémentaire de vivre."

"Je pense très souvent à ce choix de ma mère et ma tante de laisser leurs enfants, de vivre. Je crois qu'elles avaient un infime espoir, toutes les mères ont cet espoir en elles, leur enfant ne peut pas mourir avant elle. (...) Et à ce moment du récit de Gila, je dois m'arrêter car ma vie en a été bouleversée."

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laurence (Lolotte) 31/05/2015 21:16

J'ai beaucoup entendu parler de ce livre à sa sortie. Maintenant qu'il est sorti en poche et à lire ta critique, il FAUT que je le lise !!

Emilie 30/05/2015 10:59

Les extraits me donnent la chair de poule

MHF 29/05/2015 22:18

J'en ai déjà lu du bien aussi...

swettylux 29/05/2015 11:09

oui une bonne lecture a lire :)